Des lamentations ? Pas
question !
Au saut du lit de ce début de mai 2026, au
crépuscule de mes quatre-vingt-quatre ans ...que dès lors, pourrai-je prétendre
faire partie du monde des sages ?
Rien n’est moins sûr !
Entrer dans le cercle de ces aînés m’autorise-t-il à me situer en haut d’une pyramide sociétale
à l’épreuve des turpitudes pour prétendre compatir à ce monde de sang relégué à
la fin des temps par les lâches, les indifférents, les habiles, comme le
soulignait Marguerite Duras à une époque que l’on croyait révolue ? Eh oui, à l’âge où cette grande historienne
tirait sa révérence, je la découvre enfin quatre décennies plus tard ; et
me voilà en extase comme l’assoiffé mourant
dans le désert visionnant l’oasis d’une source intarissable de mots de
la première femme immortalisée de l’Académie française !
Oui, en
lisant « L’Œuvre au Noir », je trébuche, non sans un certain
enthousiasme, sur des termes, des expressions qui m’obligent à consulter
Wikipédia pratiquement à chaque page. Hélas, pardon chère Marguerite que
j’effeuille en ce moment, je crains que ta savante écriture s’estompe
malheureusement très vite dans les annales de ma mémoire
défaillante ! J’ai beau le
savoir, mais ça ne freinera pas cette gourmandise littéraire. J’espère qu’Il en restera toujours quelques
bribes utiles qui s’imprimeront en mon âme et (in)conscience. Qu’instinctivement, même sans m’en rendre
compte, l’esprit en moi ou celui d’une entité transcendantale me guide vers le
bon équilibre du Grand Tout.
Il
m’arrive parfois de douter quand je pense aux lacunes de mon manque d’études
supérieures, et aussi de ce fait cette orientation pour le commerce qui m’avait
assez bien réussi pour profiter du prestige que procure l’argent...Pourquoi
avais-je, vers ma quarantaine, tourné brusquement le dos à ce confort bourgeois
et partant familial, puisque ni femme, ni enfants ne me suivront ? J’avais
certainement eu tort !
Mais voilà, ce matin tôt, au saut du lit,
cette voix intérieure me rappelle et me rassure :
Non Georges, tu as fait le bon choix par
tes chansons !
Le droit d’être utile
Le blues du Drapeau
Arrangements et claviers : Jean-Marie Dorval
Prise de son et chœur : Philippe Capon
Le besoin de chaque homme doué de raison
Être et faire avec tous les autres
Solidaire partagé le Grand Œuvre
De ce gigantesque champs de manœuvre
Mai 1985. Manifestation à Bruxelles contre le plan Val Duchesse qui prévoyait la restriction d'emploi de 3000 enseignants.
Le droit d’être utile ou Le blues du drapeau
Un drapeau m’effleura le visage
Alors que j’étais dans les nuages
Une caresse l’impression d’une présence
Me berça un instant comme un ange
Quand enfin réagirent tous mes sens
Me tournai vers cette chose si étrange
Circonstances liées à l’émotion
Lui donnèrent une toute autre dimension
Circonstances liées à l’émotion
Cent mille êtres suivaient ce drapeau
Revendication des professions
Le droit d’être utile sans prétention
Vision symbolique exaltant les passions
Déployées dans les rues de la capitale
Les bannières ouvrières honorant le travail
Ressemblaient vues de loin à des flambeaux
Quand enfin je levai le regard
Découvris mais trop tard l’étendard
Ce dernier s’éloignait en silence
Réveillant en moi mieux qu’une fanfare
Cette vie oubliée de mon enfance
Me revint comme un souffle de fraîcheur
Ce léger soubresaut de bonheur
Donne envie de lancer mon âme au vent
Le besoin de chaque homme, doué de raison :
Être et faire avec tous les autres
Solidaire, partager le Grand ‘œuvre
De ce gigantesque champ de manœuvre.