mercredi 8 avril 2026

 

                   

Parler jusqu’à ce qu’on ait quelque chose à dire !

 

Au fond, c’est comme chauffer le moteur de sa voiture, avant de faire route ;

Réveiller les neurones de nos cerveaux fragiles qui, face au moindre doute,

Tournent casaque lâchement et démissionnent en s’ankylosant dans le déni

De la Réalité qui attend de nous d’être et de faire, acteurs dans ce lieu-dit :

La Terre, poussière d’étoile dans le Cosmos...Pourtant un Monde immense

À nos yeux où se côtoient flore, faune et matière dans l’infatigable danse

Des vivants parmi l’infinité des autres, et qu’apparaissent le verbe et les mots.

Structurer la pensée et façonner l’esprit ; relever le défi et être des héros,

Sûrs de cette mission qui nous fut confiée avant le tout devenir : savoir aimer.

In fine, on a raison de dire n’importe quoi, puisque cela nous vient du cœur !


Tiens ,  pour rappel,  juste  cet article du 17 août   2024  de mon blog :

Tango Terre

Pour reprendre ce que je considère comme un précepte du sénateur Fulbright – merci de me permettre de le rappeler -

« Quand nos perceptions n’arrivent plus à tenir pied aux événements, quand nous refusons de croire une chose parce qu’elle nous effraie ou nous choque par sa seule nouveauté, alors l’écart entre le fait et la perception devient abîme et l’action devient inadaptée et irrationnelle. »

Au vu de l’Actualité, sommes nous certains, malgré les fulgurantes avancées scientifiques et technologiques, de notre objectivité en tant qu’humain, et d’agir au mieux pour le bien-être et l’harmonie du Monde ?  

 Mais parfois tombe des Cieux parmi nous pauvres mortels, comme des prophètes, des mutants, - pourquoi pas déjà des Hommes augmentés ? – qui nous apportent leur sagesse, leurs visions et nous transmettent un peu de leur lumière et clairvoyance, tel qu’un F.S Fitzgerald, pourtant face aux années troubles du nazisme : 

« Il faut savoir que les choses sont sans espoir,

Et être pourtant déterminés à les changer » ...

Aussi, ce plaidoyer en leur nom :

Ce que la Terre désire, le vœu de cette chanson:

                                                            Un clic pour écouter cette chanson

Arrangements et clavier :  Jean-Marie Dorval

                                          Le désir de la Terre?                                                     

C'est de voir comme elle est belle

De la contempler et s'y trouver bien

Que les hommes y prospèrent 

Dans une entente fraternelle

Écoutent leur âme et maîtrisent leur destin

Le désir de la Terre

C'est de penser comme elle

Libre de toutes frontières pour établir les liens

 

Refrain:

 

Mais elle est comme une femme 

Qu'on a violé

Par des bombes et des flammes 

Pour l'aseptiser

Car nous les petits hommes

Croquant la pomme...de la Connaissance? 

La Connaissance!  N'est pas ce que tu penses

La Connaissance ! N'est pas que l'expérience

La Connaissance?  Peut-être une simple question...d'aimer

 

Le désir de la Terre 

C'est de vivre comme elle

Sans vouloir changer le cours de son Histoire

Laissons couler les rivières

Nul besoin de tutelle

Plus de barrages trop lourds ni de villes trop noires

Le désir de la Terre c'est d'être en communion

On saura quoi faire pour gérer ses nations

 

Le désir de la Terre

C'est se sentir en elle

Au paradis comme elle à travers les cieux

Dansante dans l'Univers 

Amoureuse du Soleil

Que femmes et hommes ensemble

Soient vraiment heureux

Le désir de la Terre

C'est perpétuer l'instant

De l'amour mères et pères

Pour la vie d'un enfant

 

Et s'accomplira sa voie sa destinée

Fière de nous porter dans l'immensité

Nous devenus sages presque des anges

D'être une étoile parmi les étoiles. 

jeudi 2 avril 2026

                                   Non, pas de poisson d'avril cette année ! 

               Juste ce printemps qui nous revient avec le soleil...puisse-t-il nous apporter un peu de bons sens!  


Petit retour d'un texte écrit, quelques années auparavant sur mon blog, qu'avec quelques préambules , je réactualise à ce jour, et espère ainsi   satisfaire la demande   d’un de mes visiteurs,  quant à pourquoi ma chanson "Soleil ?

 

Le soleil et mon cru

 

Sûrement que de ce récit autobiographique me reviendront des souvenirs pour apporter plus de précisions de ma métamorphose en créateur d’arias, mes chansons ; plus en recherche de vérités que de gains que m’apportaient mes restos…D’où me venait ces illuminations soudaines ?  Que l’oncologue de l’Institut de Bordet venait d’annoncer à mon épouse : « - deux à trois ans...à moins d’éliminer la cause ! » fut comme un électrochoc et boosta mes neurones, à l’instar du syndrome de Stendhal ?... Et devenir « Instincto » ?    À savoir, ne plus me nourrir de la manière classique ; de ne plus cuire mes aliments …Suite à ces changements, malgré nos deux enfants, notre couple chavira après vingt ans.   Mon épouse décida de vivre avec son thérapeute.  Ah, ce cher Michel V., amoureux des beaux yeux d’Hélène, plein de zèle, qui passera quelques soirées chez nous pour m’aider à matérialiser un appareil que j’avais imaginé – suite à mes réflexions quant à la santé en général et nos habitudes parfois à son détriment -, un genre de compteur Geyser sous forme de montre bracelet.  Je le baptiserai « Phosomètre ».  Ce gadget devait informer son porteur - bien sûr de l’intensité du rayonnement   solaire qui, on le sait, peut être dangereux, - et là ça n’apporterait rien d’innovant –, mais surtout que s’il résidait et travaillait habituellement dans des lieux privés de soleil, elle ou lui pouvait, grâce à cet objet, prendre conscience de son manque et y remédier au bénéfice de sa propre santé, en s’y exposant le plus possible.

Ce Phosomètre fut réalisé en 1987, mais c’est sous l’insistance d’Hélène (qui depuis lors, vit avec ce génial partenaire), que j’irai présenter enfin cette invention au 19ième Salon des Inventions et Techniques nouvelles de Genève en avril 1991.  Surprise : le jury m’octroie une médaille de bronze.  France Info commentera toute la journée cette montre.  Comme convenu, ma part de travail accomplie, ayant pris à Genève les contacts pour que cette invention puisse intéresser des fabricants et distributeurs, je laisse le soin à Hélène, la femme d’affaires, et Michel, le médecin, de poursuivre les investigations pour concrétiser notre projet.  Ils étaient mieux armés que moi pour les éventuelles transactions que cela allait susciter.   Je ne suis plus un homme d’affaires, mais un artiste avec sa guitare, son bateau sur lequel Jean-Loup le skipper m’attend impatiemment en Guadeloupe pour le grand départ.

Et de toute façon, d’après moi, rien n’est mieux qu’une chanson pour pénétrer l’inconscient collectif.   Sur des jolies notes, je pense qu’on retiendra mieux les quatre bienfaits du soleil :    pour la peau, le sang, les os, le système nerveux et qui déclenche la bonne humeur.

 

Avec un ami reporter :

Comment t’est venue cette idée ?

 

-  Je cherchais à comprendre les différentes causes des maladies et, plus particulièrement, celle de ma femme.  L’oncologue n’avait pas été très enthousiaste en examinant le dossier clinique de mon épouse.  Septicémie qui risquait de tourner en leucémie et alors deux à trois ans d’espoir de vie.  « Trouver la cause », disait Hippocrate. Le manque d’exposition au rayonnement solaire en était une aussi.

 

- Est-ce aussi une des raisons radicales de ton nouveau régime alimentaire ?

 

- Certes et pour moi, le restaurateur, qui ne mangeais plus du tout de plats cuisinés, même si mon corps s’en portait mieux, les rapports avec mon épouse n’ont fait que se détériorer.  Un couple, ça peut être une prison psychologique pour l’un des conjoints.   Ce médecin amoureux était sûrement ce qu’il y avait de mieux pour elle.  Je n’étais plus ce jeune homme ambitieux qui l’avait épousée vingt ans plus tôtmais un guitariste avec des chansons plein la tête.  Plus du tout l’âme d’un commerçant, ce qui la rendait d’autant plus inquiète. 

Un exemple : cette chanson qui aurait pu accompagner le Phosomètre.  Pour France Info elle aurait été la meilleure réponse à leur interview, mais je ne l’avais pas encore composée. 

 

Un clic sur ce lien pour écouter cette chanson

 

Arrangement  Gérard Sabbe

Guitare solo Jérôme Munafo 

 

Soleil où es-tu ? Soleil que fais-tu ?

Toute la nuit, les pas de l’ennui

Cadencent le cri des amants déchus

Les yeux un peu flous cherchent dans le vague

La dernière drague.  Soleil reviens nous !

 

Soleil où es-tu ? J’ai perdu ta trace et ma peau se lasse

Soleil que fais-tu ?  Que grand bien me fasse de revoir ta face

 

Soleil où es-tu ? Soleil que fais-tu ?

Les taxis s’effacent, leur dernier office

Et cèdent la place aux tramways complices

Déjà dans la ville les bruits se faufilent

Des premiers chantiers on entend chanter :

 

Soleil où es-tu ? J’ai les os tout froids, chauffe mon émoi

Soleil que fais-tu ? Ta lumière en moi c’est mieux que mon toit!

 

Soleil où es-tu ?  Quand tu n’es pas aux cieux,

Je me sens nerveux.  Soleil que fais-tu ?

Tes rayons gracieux ça me rend heureux !

 

Soleil où es-tu ? Soleil que fais-tu ?

Sans ton puissant feu, plus le moindre jeu

Le stress et l’angoisse, ce serait l’impasse

Si tu te prélasses, oubliant le jour

Alors de guerre lasse, s’éteindrait l’amour.

 

Soleil où es-tu ? Comble mon bonheur, fais rire mon cœur.

Soleil que fais-tu ? Donne l’énergie, donne moi la vie. 

mercredi 25 mars 2026

                               Je pense, donc je fuis...l'impensable ! 

Quant aux doutes, vaut mieux chanter...en tout cas pour moi ! 

Partageons, si vous le voulez bien, chers amis audiolecteurs.

Merci  ...


Le Mal et le Bien



Sur une Musique de Jean-Marie Dorval qui m'inspira ces mots en 1999:


Le Mal ou le Bien 

C’est une vieille histoire
Le Mal ou le Bien
Fin d'un millénaire
Et toujours ce refrain

Des hommes sur des routes
Qui ne mènent à rien
Parce qu’ils ont des doutes
Est-ce mal ou bien

Combien de ruptures
Complices du Malin
Croyant être pures
Ont fait pire que bien

Est-ce bien ou mal
Question de maintien
Ou réponse fatale
Qui fait mal aux seins

Là-bas pas très loin
Ils quittent leurs biens
Envahis de haine
Alourdit leur peine

Que répondre à ça
Plus en plus de soldats
Défilent dans ce bal
Font-ils bien ou mal

Armée qui fait mal
Armée qui fait bien
On choisit son camp
Ou on fait semblant

Est-ce plus mal encore
Question de faire bien
Toute façon les morts
 Ne nous diront rien 




dimanche 22 mars 2026

 Bonjour Philippe,

  à propos du langage et de mes idées , c'est curieux,  je constate que certaines de mes chansons , comme "Amour vache et Halabjã "  sont complètement  disparues  de mon blog.  Pourquoi?  Parce que je suis contre l'abattage systématique de ces bovidés ou de rappeler Katyn  et de conclure d'arrêter çà : ces guerres ?

 L'obscurantisme reprend-t-il ses marques même en écrivant  sur mon blog?  Je m'inquiète donc pour " le Voile"

En 1988, à la parution des « Versets sataniques », j’avais écrit cette chanson :

                                                          Le Voile

Puis-je te la dédier à ce cher Salman Rushdie


On voile ou on dévoile la véritable face du monde. 
 Pas de panique SVP





Je  suis l’enfant d’un pays franc !

Je lève le voile des idées noires,  dissipe ainsi tout le brouillard.
À visage frais et découvert  mes yeux regardent la lumière
Perception vraie, action réelle ; sciences nouvelles  je m’émerveille !
Ici j’apprends pour entreprendre.   Encore enfant que l’on m’entende.

Dites moi pourquoi, pourquoi tout ça
Au nom des dogmes, au nom du Droit,
Je vois partout guerres et misères :
C’est plus la Terre,  mais un traquenard.
Mon vrai visage n’est pas l’image
Des anciens mages rivalisant.
Je suis l’enfant d’un pays franc
Et serai maître de mon destin.

Je lève le voile des idées noires  et suis les voies de l’Univers
Dans cet élan, j’oublie frontières  et veux comprendre tous les mystères.
Un jour un sage me murmura, qu’il faut des lois et religions
Pour protéger populations,  mais sans excès et sans émoi.

Alors dites moi pourquoi, pourquoi tout ça,
Au nom des dogmes, au nom du Droit,
Je vois partout guerres et misères :
C’est plus la Terre,  mais un mouroir
Mon vrai visage n’est pas l’image
Des anciens mages rivalisant.
Je suis l’enfant d’un pays franc
Et serai maître de mon destin.

Je mets le voile pour ne plus voir autour de moi tout ce cafard.
Dis-moi, homme sage, pour cet enfer,  n’y a-t-il donc rien à y faire ?
Petit enfant ne sois pas triste.  Écoute en toi couler la vie ;
Et trouve en toi l’Originel de ton instinct qui te réveille.

Et comme un rêve, loin des soucis
Au fond des temps,  loin dans la nuit,
Je mets le voile sans dévotion sur les tabous et religions 
Mon vrai visage n’est pas l’image des anciens mages rivalisant.

Ce monde nouveau, je veux le faire sans aucun voile, ni de frontière. 


    

mardi 10 mars 2026

 Pardon Maman!  


Woman, 

(Pardon Maman)

 

Film d’Anastasia Mikova et Arthus-Bertrand sorti le 4 mars 2020 que, dès que possible, je visionnerai plus tard, m’incite, j’espère, à mieux comprendre les femmes en général, et partant ma propre mère.  Cela me fait remonter au seize octobre 1956.  René, âgé alors de 15 ans et moi son frère de dix-huit mois plus jeune, nous venions d’entrer dans l’une des chambres de la maternité de l’hôpital d’Ixelles, place des Saisons.   Dès que nous aperçûmes notre mère en pleurs, les traits tirés, vieillie d’un coup de dix ans, je m’effondrai la tête sur son lit en sanglots.   La naissance du bébé s’était mal passée, contrairement aux six précédents accouchements. Après l’aîné et moi Georges, nés sous les bombardements (des Alliés) à Bruxelles, plus de cinq années s’écouleront pour voir apparaître Claudine en 47, les jumeaux Jean-Luc et Jean-Marie en 50 et Paul en 1951. Lucio notre père est Portugais, un pays neutre qui n’avait donc pas pris part au conflit contre les Allemands ; ce qui lui permit, en fin 42, de s’embarquer avec sa petite famille dans le dernier train pour Lisbonne.

 

- Pour la petite histoire, paraît-il que notre paternel avait dessiné le plan de l’implantation d’une usine à Vilvorde fabricant des moteurs d’avion pour la Luftwaffe qui furent dissimulés dans mes couches culotte pendant le voyage.  Ces croquis furent remis à des agents secrets du service de Sa Majesté George VI (Entre deux Georges, avec ou sans s, c’est bien la moindre des choses, n’est-ce pas ?) PR. Lisbonne était la plaque tournante de l’espionnage pendant la Seconde Guerre mondiale.   Ah oui, j’oubliais ! :  grâce à ces plans, cette zone industrielle fut bombardée sans trop de dégâts aux alentours pour les civils, d’après l’un de ces hommes de l’ombre venu féliciter notre père ce héros. 

 

  -  Cependant, après l’Armistice, notre mère rentrât en Belgique avec ses deux enfants, sans son mari qui avait d’autre talent que le dessin.   Plutôt volage le jeune Portugais ! C’était plus fort que lui : il fallait qu’il renoue, un peu trop intimement avec quelques-unes de ses compatriotes ! Delà une rupture de plus de trois ans !   Cependant maman de retour en Belgique, seule avec ses deux petits garnements : René, mais surtout moi le plus insupportable, elle finira par pardonner à l’infidèle   et lui permit de la rejoindre en fin des années 46 à Nivelles...Nous logions alors à trois dans une seule chambre,   chez sa propre mère, bonne-maman qui s’était remariée, après deux ans de veuvage, avec un certain Lucien Couniot, d’où naîtront Lucienne et Hubert, sa demi-sœur et demi-frère...Cette nouvelle famille d’accueil nous acceptât pas vraiment  avec bonheur.  Faut savoir que notre mère encore adolescente à quinze ans, s’était enfuie de Nivelles pour échapper à ce beau-père aux mains baladeuses ; se réfugiant à Bruxelles chez sa tante Elise, sœur aînée de Georges son papa disparu depuis trois ans, le cadet d’une fratrie de douze.  De ces tentatives d’approche du deuxième époux, jamais elle n’en dira mot à sa propre mère. On sait aujourd’hui, puisque les voix des femmes se libèrent de plus en plus que c’était le secret de beaucoup de jeunes filles nubiles.   Delà, sans doute, ce malaise par notre incursion, lorsque nous débarquâmes du Portugal ... du haut de mes quatre ans à l’époque (les enfants sentent des choses), c’est peut-être une des causes de mon sale caractère révolté, mais aussi sûrement une des bonnes raisons de notre maman pour rappeler son mari après ces plus de mille nuits et jours de séparation !)

 

– Pour en revenir à ce triste souvenir du 16 octobre 1956, son dernier né ne bougeait plus depuis quatre jours avant l’accouchement.   Par trop d’aisance dans ce ventre maternel,  élargi par ses premières portées, l’enfant en se retournant s’était étranglé autour du cordon ombilical, selon la sagefemme...ce qui ne consolera pas cette maman effondrée ...toutes ses premières grossesses s’étaient bien passées pourtant; quant au papa, ne sachant quoi faire pour atténuer sa peine, avait-il eu raison de   l’empêcher ce dernier regard à cette partie d’elle-même qu’elle avait porté en elle pendant près d’un an?..., ce beau bébé   de plus de huit livres, aux grands yeux bleus et paré déjà d’une belle chevelure noire, comme il nous l’avait décrit ?     La petite sœur sera inhumée au cimetière d’Ixelles, près de notre grand-père maternel, Georges Fronville, enterré en 1933, âgé de trente-six ans.  Notre mère en n’avait alors que douze !   Son père, artisan boucher et musicien trompettiste de fanfare, perdit la vue en fin de vie suite à un diabète de type 1.  Aux derniers jours avant sa mort, il priera sa fille de lui jouer la Marche turque de Mozart, sur le nouveau piano qu’il venait de lui offrir ; hélas, ce sera sans voir couler les larmes de la jeune pianiste en herbe.  Si elle retrouva le sourire, au moins   jusqu’à ce 16 octobre 1956, ce fut grâce à ses six enfants et ce mari   débordant d’ingéniosité pour la (et nous) faire rire, malgré que l’argent se faisait rare !  Enfin maman s’évertuait souvent, pour se convaincre elle-même sans doute, en nous    disant « que plaie d’argent n’est pas mortel ».

 

  Nos parents se rencontrèrent pour la première fois sur la scène de l’Alhambra en 1939, à l’occasion d’un concert au profit de la Pologne, envahie par les tanks nazis.  Lui, jeune et brillant étudiant, inscrit à la faculté de Solbosch pour une formation d’ingénieur, a plus d’une corde à son arc à son palmarès, disons trois de plus avec son violon (qui n’est pas que d’Ingres mais) qu’il faisait vibrer avec maestro ; elle, secrétaire d’avocat et, comme déjà énoncé plus haut, excellente pianiste.   En duo, les deux jeunes artistes interprétèrent La méditation de Thaïs de Massenet et le Chant du cygne de Camille Saint Saëns ...Elle lui sourit ... et nous voilà...de sourire en sourire on peut construire un monde, n’est-ce pas ?

Hélas, tout a basculé après ce triste seize octobre 1956 !    Cette maman inconsolable ne pouvant plus rester à la maison suite à ce drame, décida de chercher un emploi extérieur.  Sûrement   pour éviter de sombrer dans une mélancolie dévastatrice due à la perte de Martine, mais, in fine, peut-être aussi pour mieux sursoir aux besoins du ménage. D’accord, au corps défendant du paternel dépensier sans compter, son excuse, c’était pour la distraire : restaurants, spectacles, etc.).   C’est ainsi qu’ils décideront d’ouvrir un restaurant.  « - Au moins les enfants n’auront jamais faim », s’exclama un jour ce père, pourtant directeur commercial d’une usine de meuble à Vilvorde.  Le Mouton d’Or, 21 Petite rue des Bouchers ouvrira ses portes le 21 juillet 1958 avec son slogan « Manger portugais dans le plus parisiens des restaurants bruxellois » …Ah oui ! Petite parenthèse au sujet du papa.  Je ne l’avais pas encore précisé, Lucio, né à Santarém, le 12 mai 1920, débarquât en Belgique à l’âge de neuf ans.  Son père, Dom  Alfredo-César Salles, ruiné suite à un incendie qui ravagea ses terres, fut engager comme  contremaître par la société Macadam et quitta son Portugal pour la Belgique.  Il participa aux routes du littoral ... principalement ce tronçon de la première autoroute partant de Nieuport vers La Panne...ou dans le sens contraire : de La Panne à Nieuport.  Son fiston ne parlait que le portugais, quand il entama le troisième primaire à neuf ans...Dès lors, il sera premier continuellement jusqu’à la première année d’université où   il obtint les plus hauts points jamais atteint depuis la fondation de l’institut.  Hélas, études interrompues suite à la rencontre de notre mère, de la guerre et la naissance de René !  Néanmoins, en tant que dessinateur industriel talentueux il eut rapidement un emploi pour nourrir sa petite famille dès fin 1940.

 Bon !  Il ne s’agit pas ici de faire l’éloge du père, un homme très possessif et dominant, mais de cette période où j’avais effectivement constater en 1959 -60, que les femmes, dont ma mère, qui décida de divorcer après une année de l’exploitation du Mouton d’Or au cœur de Bruxelles, n’avaient pas le droit d’ouvrir un compte en banque sans l’accord du mari.    Il faut savoir que malgré le succès du resto, notre paternel était devenu violent et jaloux de cette très belle femme, son épouse ; il   dépensait toujours plus, confondant recettes et bénéfices.    La clientèle admirait cette élégante restauratrice d’un genre nouveau, aux allures   de Greta Garbo, pas du tout conforme aux standards de cette profession.  C’est vrai qu’à Bruxelles, entre les bistrots-gargotes populaires et les maisons de renommée du bien manger, il y avait comme un manque d’une catégorie de restaurants à prix démocratiques tout en gardant une certaine élégance d’esprit et de raffinement de bonne bourgeoisie !     Mais bien chère famille vous devez savoir aussi que, depuis la perte de Martine, les relations amoureuses se faisaient de plus en plus rares.  Mon père ne semblait pas trop comprendre qu’il lui faille du temps à cette maman en souffrance avant que les choses se remettent dans la normale.  Ma mère finalement prit la fuite en allant ouvrir un autre restaurant « le Flambée » au 24, rue Francart (près de la Porte de Namur – Ixelles).  Cependant, pas encore divorcée, il lui fallait pour le registre de commerce, également l’accord du mari.   Enfin une certaine Françoise vint à son secours.  Mais à l’époque, à mes dix-huit ans, je ne comprenais pas cette incursion féminine dans la vie de ma mère et je lui en voulus énormément.

 

 Pardon maman!