mercredi 24 juin 2026

Un jour viendra où il n'y aura plus
d'autres Champs de Bataille que
Les Marchés s'ouvrant au Commerce
Et Les Esprits s'ouvrant aux Idées

(Paris 22 août 1849,  discours de Victor Hugo  au Congrès de la Paix)

Toi, le poète qui sensibilisa ce 19ième Siècle, visionnaire, prophète!
Ta mémoire, ta pensée gravée sur la face sud de la colonne, érigée à ta mémoire, sur la morne plaine de Waterloo, face à la butte surplombée du Lion, le regard menaçant,  tourné vers la France.


Hélas, nous savons, qu’au 20ième Siècle, ce furent des champs de batailles pires encore !  Quant au vingt-et-unième, ça n'a pas l'air de s'arranger! 

       En calquant la cadence et les rimes d’Oceano Nox - extrait de la Légende des siècles, voici un pamphlet qui n'apportera peut-être pas encore la réponse : « du pourquoi la politique est-elle seule à décider de tout ? »  
 

« On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensées qui les ont engendrés », (relativisait Albert Einstein).



Politico-Nox

Oh !  Combien de thèses, combien d’hypothèses
Qui sont parties joyeuses pour qu’on soit plus à l’aise,
Dans ce morne inconscient, se sont endormies !

Combien ont disparu, dans une triste cellule,
Suite à des débats houleux, mais entourés de bulles,
Sous d’aveugles convictions à jamais enfouies !

Combien de lettres mortes avec tant de messages,
L’ouragan des avis a chassé toutes les pages
Et d’un souffle il a tout chamboulé dans le lot !
Nul ne sera assez fin pour comprendre liberté.
Chaque achat, sans merci, obligera à travailler,
L’un pour le crédit, l’autre pour les impôts !...

…Où sont-ils les malins sombrés la nuit dans les bars ?
Suppôts de Satan qui soufflent les bougies de l’espoir,
Dans les bistrots redoutés des maires en courroux,
Vous leur envoyez des policiers armés,
Et c’est ce qui nous fait ces lois désespérées
Qui obligent le peuple à souffrir à genoux.

Oui, trouver un nouveau mode de pensée en politique, me semblerait une bonne idée. Mon souhait ?  Que les décideurs soient des hommes hors du commun, des stoïciens en quelque sorte.  L’instauration des lois ne devrait-elle pas jaillir de cerveaux en symbiose avec la nature, avec tout le règne du vivant, à l’abri de l’influence de la grande Histoire humaine, parsemée d’erreurs.  Sans tomber dans la dictature, il me semble que la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et justice), garante de la démocratie, est loin d’être suffisante si les élus ne sont que le reflet de populations affaiblies à la merci du consumérisme à outrance.  Déjà quant à la question de la façon de nous nourrir, mais aussi, ce que je trouve déplorable et fragilise la position gouvernementale, c’est que l’Opposition est là continuellement à critiquer toutes les décisions prises… et ainsi ne fait qu’accentuer le trouble.  Évidemment, nous l’espérons tous - ce que nous chantent les ténors à la recherche d’électeurs -  nous rêvons d’un Gouvernement attentif au bien-être des citoyens !   Oui je prône pour des décideurs stoïques, atteignant dès lors cette capacité d’éveil qui leur permettraient de prendre les bonnes décisions dans l’intérêt général.

Pour rappel, le stoïcien, un sage qui met son comportement en pleine conformité avec l’ordre naturel.

lundi 22 juin 2026

 

À passer ici dans nos pays tempérés les quarante degrés au mois de juin.

 Est-ce, la fièvre du XXIème S ?

  Grande Terre malade !

  Les guerres et les opérations militaires contribuent de manière significative au changement climatique ... Si pour les belligérants éviter le massacre et/ou la mutilation des civils dont les femmes et enfants ne sont pas leur priorité, ce serait bien que la question du réchauffement de la planète le soit...

 Mais, ce qui est bizarre d’après moi (qui n’est peut-être pas assez informé, j'en conviens), n’est-ce pas cette évidence qui devrait pourtant sauter aux yeux du monde médiatique, scientifique et politique ?

 Je ne la chanterai jamais assez:


 Mayday, mayday Grande terre malade ».



Cliquez ici pour écouter cette chanson

 Guitare solo, chœur et  prise du  son : Philippe Capon
Clavier : Danny Vandenbosche
Contrebasse : Françoise Massot

Mayday,  Mayday  …
Refrain :
Mayday, Mayday ! Grande Terre Malade
À quoi servent les discours envers les pollueurs.
Chantons  plutôt en chœur  cette ballade,
Ah !, ce qu’il faudrait c’est un bon docteur !

Les océans se fâchent,  la banquise se relâche !
Des villes, même comme New York, les ouragans s’en moquent.
L’eau la boue  le vent, il manque encore le feu ;
Tapis dans le tréfonds des volcans sommeillant.

Mayday,  Mayday  …

Un enjeu de taille  : les déchets nucléaires !
Certains scientifiques conseillent le fond des mers.
Pour ma part, je préfère,  le fond des  cratères ;
La lave  c’est pratique, ça lave aussi docteur

Mayday,  Mayday  …

Il  germe dans des  usines  de  tristes combines
Pour vendre d’étranges grains, cultures sans lendemain ;
Surtout pour les abeilles,  devenues inutiles.
Les  champs de pétrole,   pas ce dont elles raffolent !

Mayday,  Mayday  …

Encore s’il n’y avait pas tous ces enfants qui meurent,
En mal de nutrition et ce mal se déchaîne !
Le temps de cette chanson plus  d’une cinquantaine  ;
En plus des pollueurs  règnent des affameurs !

Mayday,  Mayday !  Grande terre malade !
Ce cri d’alarme et, comble de malheur
Des marchands d’armes, des victimes en cascade !

Oui!, ce qu’il  faudrait c’est un bon docteur !


 Merci de votre attention            

dimanche 21 juin 2026

 Un ami qui voit que tu ne ris plus ???

À L.

Ce n'est pas un reproche...Non, de l'inquiétude.

Par hasard, dans la librairie à la caisse du "Club" de Braine, B.…e qui était juste derrière moi avec sa petite-fille, me reconnaît.  Surprise évidemment de cette amie de longue date, ton ex épouse qui m'a toujours exprimé sa sympathie et réciproquement.  Il y a toujours chez elle une forme d'enthousiasme lors de nos rares rencontres.  Les mots débordent ...  Tant de choses, souvenirs qui s'entremêlent ...Ce qu'on a sur le cœur aussi ...et voilà qu'elle me parle de toi...  Tu aurais vendu ta magnifique propriété, (ce qui est ton droit le plus strict) ? ;  mais pas que ça.  Je ressens en elle une grande inquiétude ... Et c'est contagieux.  

 

Moi je me rappelle, ce 4ième Dakar, où on rigolait comme des fous (et pas que du volant !), surtout quand André avait jeté ce bout de bois ; que tu revins en courant, culotte toujours sur les genoux - suite à un besoin de commodité à l'abris de nos regards à quelques mètres dans les hautes herbes de la savane -   nous offrant un spectacle de tes fesses au vent, en criant " un lion !  " en essayant de rentrer dans la Range -.    Mais encore, je découvrais en toi, non plus le carrossier expert et limier des bonnes affaires des voitures anciennes et aussi ce négociateur en tant que marchand, mais surtout ton approche pleine d'humanité dans ce circuit.  Au fond, c'est la médecine que tu aurais dû choisir !    Enfin !   C’est vrai qu'il n'y a plus entre nous ces échanges face à une Ferrari ou une Jaguar.  Mais ce fut quand-même de bons moments ; et te remercie encore de te reconnaître dans cet homme naturellement bon.  

 

À + quand tu veux

 Souvenirs, souvenirs : 

"C'était le bon temps!" 

Départ du Dakar ...
Oui surtout
Dollars dollars 

Rugissant...?, Oui les moteurs aux centaines de CV, (pas le 40ième Parallèle aux continuels cinquante nœuds de vent ...Le Spirit of Sindbad s'y est frotté avec quelques blessures quand-même)  du départ dans les déserts  en  Amérique du Sud.   Je ne suis pas sûr que Thierry Sabine aurait vraiment apprécié ces départs outre-Atlantique.  C'était magique partant de Paris.  Enfin,  je suis un nostalgique de mon quatrième Paris-Dakar (1982)!  Voici un extrait de mes souvenirs ,  mais d'abord la chanson...  elle rime si bien avec  avec Dakar.

Un clic pour écouter la chanson

Dollars !  Dollars !

Dollar ! Dollars !   Dollars ! dollars !
Le Dow Jones monte et descend
Se pourfend en pour cent ;
Fait la pluie le beau temps
Dollars ! dollars

J’avais un rencart
Avec une belle qui n’fume pas
De plus végétarienne
Moi qui mange comme une hyène
Hormis les insectes !
On est plutôt charognard
Quoi c’est infect?
Mais nous vivons du trépas

Dollars ! Dollars  Dollars ! Dollars !
Le Dow Jones monte et descend
Se pourfend en pour cent ;
Fait la pluie le beau temps
Dollar ! dollars

Du sang et des cris
Défilent dans mon  esprit
Je vois des chevaux qu’on abat
Comme du vulgaire bois
À grands coups de masse
Par des hommes d’autrefois
Qui n’ont rien compris
Que voulez-vous que la bonne y fasse ?

Dollars ! Dollars !   Dollars ! Dollars !
Le Dow Jones monte et descend
Se pourfend en pour cent ;
Fait la pluie le beau temps
Dollar ! dollars

De la politique de l’autruche
Ressurgissent les extrêmes
Qui « nazisent » les « je t’aime »
Même si l’Euro les condamne
Ils dansent toujours dans la ruche
Du quartier de Notre dame
Les dollars te vaguent à l’âme
C’est une question de « How much ? »

C’est que du papelard
Soufflerait Gainsbar
Allumant sa gitane
Pour se cacher de ses fans
Mais en réalité cette timidité
Te mène sur le billard

Et j’oubliai la clop
Dans l’dernier « sex-shop »
Plus d’habit de cowboy
Qui me collait  à la peau
Mon Smith & Wesson
Jeté dans la Seine
Je partis comme un homme
Aimer Marie-Madeleine

-Quoi tu n’as pas de dollar ?
Me dit-elle au plumard
Hélas !, je n’suis pas Johnny
Et m’exilai tout petit
Et je pris la guitare
En pensant aux  dollars

C’est ici que finit cette histoire
Mais ce n’est qu’une histoire de dollars

Guitare-basse: Alan Booth ;
Guitare : Roland Kert ;
Piano : Rudy Mynaerts ;
Batteries :  Bob Darch

Extrait d'une conversation avec mon futur skipper, en 1987 à Port Vauban (Antibes).  Nous étions à la recherche d'un bateau pour aller porter secours aux boat people qui fuyaient les Khmers rouges.
  

-          Pour traverser le désert,  il te faut une bonne Range Rover bien solide,  pas une Ferrari qui s’enliserait ou une 2CV trop fragile.  D’accord, t’as pas l’intention de gagner une transat, mais il faut tout de même une certaine allure, ne serait-ce que pour t’éloigner d’un cyclone.  En général,  la météo nous informe, mais si ton bateau est trop lent, les chances de t’en éloigner  diminuent  fortement.

-          Là, je peux te le confirmer, j’ai  piloté une Range au 4ième Paris –Dakar en 1982 qui portait le n° 276.  C’est vrai, il n’y avait ni Ferrari ni 2CV, bien que celle-ci aurait des chances de passer. J’en ai tiré une terrible leçon de sagesse.


-  Comment ça ?  Ce ne serait pas plutôt une croisière de luxe pour quelques bourgeois en manque de sensations ?

-  On pourrait le voir sous cet angle, mais le peu de ce que j’ai connu de Thierry Sabine, le créateur,  ce n’est pas l’impression qu’il m’avait donnée.  Il me faisait penser à un prophète des temps modernes.  Une sorte de Jésus. Il voulait nous faire partager sa passion du désert.

-         La passion qui l’entraînera  dans un accident d’hélico, avec le chanteur Daniel Balavoine.

-         Oui,  l’année passée, 14 janvier 1986, au huitième Paris-Dakar.  Ils étaient cinq dans l’appareil qui s’est disloqué en heurtant une dune.  Aucun rescapé.  On aurait pu penser que ce drame allait mette fin  au rallye…, mais non…il a repris de plus belle encore cette année !   Je t’en prédis bien d’autres encore par la suite. C’est devenu une affaire de gros sous :   celui  des constructeurs de véhicules tout terrain, 4X4, motos, camions ; celui des médias également.  Cependant l’esprit qui plane sur les concurrents reste intact : une grande caravane en route, à la rencontre d’autres hommes.  À Dakar,  ils sont accueillis comme une   armée  libératrice.

-          C’est vrai  que  libérer quelques Sénégalais de leurs soucis quotidiens par cette distraction de riches, ne peut leur faire que du bien. 

-         Arrête !  On ne changera pas le monde.   Cependant, j’ai eu beaucoup de chance d’arriver.   La marche arrière nous avait abandonnés depuis le départ en Algérie -  la mauvaise idée d’avoir  tracté, en marche arrière,  un véhicule couché sur le flanc pour le redresser -, ce qui m’aura quand-même embarrassé au terminus,  sur la plage de Tiougoune,  près de Dakar, avec  la Range qui s’enlisera juste devant les officiels : officiers militaires et gendarmes,  en tenue d’apparat.

-         Comment as-tu fait pour te dépêtrer ?

-         Avec mon plus beau sourire embarrassé,  J’ai osé affronter une vingtaine de paires de sourcils froncés,  pour leur demander de bien vouloir pousser la Range qui n’avait plus de marche arrière.

-            Ils ne devaient pas être très contents dans leurs beaux costumes et leurs chaussures bien lustrées… et… ils l’ont fait?


-          C’est vrai que pendant quelques secondes, qui me semblèrent interminables, ils ne réagissaient pas  – Je regrettais déjà d’avoir osé formuler cette  requête à ces hauts dignitaires,   puis très nerveusement,  ils sont arrivés tout en bloc comme un seul homme, pour chasser l’intrus, ce 4X4, qui leur gâchait la vue de la parade de tous les participants qui allaient  défiler.   J’ai pu repartir pour me joindre au défilé, sans me retourner.  Je sentais quarante yeux furibonds regardant leurs chaussures un peu moins brillantes, à cause du sable projeté par les roues en me dégageant. 

Dollars dollars !  Poseur,  oui!    

Quand j'en avais, il y eut la jaguar, quand je n'eus plus (1990), il y eut la guitare pour les chanter.

Avec Hélène,  mon épouse au Parc de Bruxelles,  place Ducale 1986




lundi 15 juin 2026

 

On était quelqu’un... jusqu’à un certain âge et puis, ça vient d’un coup, comme le rhumatisme et l’arthrose...et on n’est plus personne !  

Heureusement, il nous reste quelques souvenirs d'un ami ou d'autres,  un texte, une chanson...On se répète pour ce semblant d'existence qui nous reste... Pardon les Jeunes !  

Marcel Ginion (1917–2005), poète et dramaturge Wallon - que j’ai eu le privilège de rencontrer à la fin de sa vie -, m’avait transmis quelques-uns de ses poèmes dont cette prière :


*   " "Le Bouchon", 
"Le Bouchon" , sis rue de la Source au cœur de la ville de Wavre, chef-lieu de la province du Brabant Wallon, vibrait un petit bar/bistro/Resto,  exploité par mon frère Jean-Luc  dans les années 90.   

 .../...Interprétée avec juste ma guitare et  Françoise Massot à la contrebasse qui, elle,   grâce à son archet, avait impulsé  cette émotion en profondeur à cette  mélodie.  Merci Françoise!  



Il ne faut plus qu’on meure


Avec cette promesse que je lui fis du temps de son vivant : 

«  - Oui  je mettrai ce poème en musique ! » 

À l'appel du poète qui me confia ses vers
M'est venu cette complainte pour chanter sa prière

E min                   /   descente par ½ ton
Il ne faut plus qu’on meure dans l’éclair des orages
A min                   /                   / A min       / B
Mais que les fusils pleurent sous le sable des plages

C                                 / B                               /  E
Il ne faut plus qu’on prie dans la saison d’enfer
C                                 / B                               /  E
Pour les noyés pendus aux pierres des falaises
C                                 / B                               /  E
Que des galets charrient sur un tapis de glaise
C                                 / B                               /  E
Pareils aux bêtes mortes du cirque de la mer

Il ne faut plus vieillir dans la désespérance
Comme les vieux de Brel avec leurs doigts bossus.
Sous le pont des clochards écoute la romance
Du musicien aveugle semblable à un Jésus.

Au brasier du soleil choisis le temps des roses
Demande à l’arc-en-ciel le juste prix des choses.
Alors flambe ta vie comme on flambe l’amour
Mais efface les jours du cadran des folies.


Et que ta chair s’embrase aux blues et aux tangos
Des nuits blanches du jazz dans le chant des saxos.
L’oriflamme d’espoir habille la prêtresse
D’un éclat de tendresse échappé d’un miroir.

Majestueuse et belle dans son habit sacré
Tu verras son pouvoir sur l’encens des prières
Tu verras son sourire au bar des vanités

Tu la verras pleurer en fermant tes paupières.  

mardi 9 juin 2026

 

Ah, le genre humain ! 

  Encore un nuage de déprime sur la France et les pays francophones à l’annonce du drame de la petite Lyhanna, mais aussi la garde à vue d’un de leur idole, Patrick Bruel, accusé de viols...qu’on en oublierait les victimes de la Bande à Gaza, du Liban et de la guerre en Ukraine... et qui me rappelle ce texte de Milan Kundera : 

 .../...   L’assassinat d’Allende a bien vite recouvert le souvenir de l’invasion de la Bohème par les Russes, le massacre sanglant du Bangladesh a fait oublier Allende, la guerre dans le désert du Sinaï a couvert de son vacarme les plaintes du Bangladesh, les massacres du Cambodge ont fait oublier le Sinaï, et ainsi de suite et ainsi de suite, jusqu’à l’oubli complet de tout par tous.../...

 Ce qui me replonge dans mes propres souvenirs des années 90, que j’avais créé cette complainte :

 « De Bogota à Saint-Pétersbourg, des enfants sans amour se cachent comme des rats » ...

 Mais de ça, à l’époque, on n’en avait pas tellement parlé ! 

 Et que penser de cette dérision du philosophe Emil Cioran (1911-1995) :

 « Les hommes se haïssent mais ils ne sont pas à la hauteur de leur haine.  Cette médiocrité, cette impuissance sauva la société, en assure la durée et la stabilité » ???

 De quoi, ...les Tribunaux, les prisons, les marchands d’arme ?


Au clavier et arrangement musical : Jean-Marie Dorval


Les Enfants de Bogota*

Léo Ferré est mort / Que reste-t-il encore
Un ami est parti ** / Qui n’a jamais failli
Sur son parcours d’amour / Laisse la belle du jour
Parti  dans la nuit longue / Pour que vive le quelconque

L’oiseau s’est envolé / Quand est tombé le blé
Et déjà le chasseur / Qui attendait son heure
Dépose la faucille  / Pour prendre le fusil
Et fait du Paradis / Cette Terre d’incompris

Refrain :
Ô incomprise !  Mais de Saint-Pétersbourg jusqu’à Bogota
Des enfants sans amour  se cachent comme des rats
Et de ça je n’en parle pas

Dans l’incertaine récolte / La veuve délaissée
Ce fils en révolte / Ne comprenant toujours pas
Ce père qui perdit foi / Et choisit le trépas
Ô comme agonise / Ce siècle en pleine crise

Ce frère bouleversé / Dans la maison vidée
Recherche un peu d’espoir / Dans les murs sans mémoire
Au moindre calembour  / S’illusionne d’amour
Et ne voit pas celle  / Qui lui sera fidèle

Refrain 2 
Politique en déroute / Que tout le monde redoute
Au siècle du laser / On ne parle que de guerre
On te préfère fêtard / Et tu passes pour fou
Si tu partages tes sous /  Avec tes amis clochards

Et toi jeune promise / Dont le rêve se brise
Meurtrie à jamais / Par l’inconscient amant
Tu ne pourras comprendre / Toi qui vécus si tendre
Issue d’une famille / Où régnait l’harmonie

Refrain final
Ô incomprise ! Mais ces cités sont si loin
Et ici dans cette ville
Je me plains, tu te plains comme c’est débile !

Et de ça, on en parle que trop bien.  

 Début des années 90, suite au récital que je donnais au château de Bierbais  ( au Brabant-Wallon, près de LLN)  de SAS  Stéphanie  de Windisch Graetz (petite- fille de l'Archiduchesse rouge et cousine d'Albert II, roi des  Belges; également instigatrice  à l'origine des Clinic-Clowns ), la princesse, mon hôtesse,  me fit remarquer qu'à Saint-Pétersbourg, -  dommages collatéraux au démantèlement de l'URSS, des goulags et des prisons pour mineurs - ,  des milliers d'enfants  sans abris et affamés  erraient dans les rues de la cité des tsars.  Aussi  ce  refrain,  où j'inclus  dès lors : des enfants de Saint-Pétersbourg. 

**Joseph Rosenberg, seul survivant de sa famille du ghetto de Varsovie. d'où il s'échappa à  l'âge de  quinze  ans. Il s'engagera dans l'armée de Ben Gourion en 48, mais vu qu'il fut relégué aux cuisines , vexé, il  quitta la Palestine et  s'installa en Belgique; il suivit une formation d'artiste peintre à l'Académie des Beaux Arts, rue du Midi à Bruxelles,  et aussi devint un excellent contrebassiste.  Beaucoup de ses tableaux décoreront  mes restaurants;  il fut aussi un fidèle accompagnateur à mes récitals, à  partir de 1988, lorsque j'abandonnai le métier de la toque pour la troquer pour une  guitare.   

 



 

dimanche 7 juin 2026

 

Et au lendemain de ce Six juin 44, ô combien périrent dans ce débarquement !

Marcel Ginion (1917–2005), poète et dramaturge Wallon - que j’ai eu le privilège de rencontrer à la fin de sa vie -, m’avait transmis quelques-uns de ses poèmes dont cette prière :


*   " "Le Bouchon", 
"Le Bouchon" , sis rue de la Source au cœur de la ville de Wavre, chef-lieu de la province du Brabant Wallon, vibrait un petit bar/bistro/Resto,  exploité par mon frère Jean-Luc  dans les années 90.   

 .../...Interprétée avec juste ma guitare et  Françoise Massot à la contrebasse qui, elle,   grâce à son archet, avait impulsé  cette émotion en profondeur à cette  mélodie.  Merci Françoise!  



Il ne faut plus qu’on meure


Avec cette promesse que je lui fis du temps de son vivant : 

«  - Oui  je mettrai ce poème en musique ! » 

À l'appel du poète qui me confia ses vers
M'est venu cette complainte pour chanter sa prière

E min                   /   descente par ½ ton
Il ne faut plus qu’on meure dans l’éclair des orages
A min                   /                   / A min       / B
Mais que les fusils pleurent sous le sable des plages

C                                 / B                               /  E
Il ne faut plus qu’on prie dans la saison d’enfer
C                                 / B                               /  E
Pour les noyés pendus aux pierres des falaises
C                                 / B                               /  E
Que des galets charrient sur un tapis de glaise
C                                 / B                               /  E
Pareils aux bêtes mortes du cirque de la mer

Il ne faut plus vieillir dans la désespérance
Comme les vieux de Brel avec leurs doigts bossus.
Sous le pont des clochards écoute la romance
Du musicien aveugle semblable à un Jésus.

Au brasier du soleil choisis le temps des roses
Demande à l’arc-en-ciel le juste prix des choses.
Alors flambe ta vie comme on flambe l’amour
Mais efface les jours du cadran des folies.


Et que ta chair s’embrase aux blues et aux tangos
Des nuits blanches du jazz dans le chant des saxos.
L’oriflamme d’espoir habille la prêtresse
D’un éclat de tendresse échappé d’un miroir.

Majestueuse et belle dans son habit sacré
Tu verras son pouvoir sur l’encens des prières
Tu verras son sourire au bar des vanités
Tu la verras pleurer en fermant tes paupières.