Ah, le genre humain !
Encore un nuage de déprime sur la France et les pays francophones à
l’annonce du drame de la petite Lyhanna, mais aussi la garde à vue d’un de leur
idole, Patrick Bruel, accusé de viols...qu’on en oublierait les victimes de la
Bande à Gaza, du Liban et de la guerre en Ukraine... et qui me rappelle ce
texte de Milan Kundera :
.../... L’assassinat d’Allende a bien vite recouvert le
souvenir de l’invasion de la Bohème par les Russes, le massacre sanglant du
Bangladesh a fait oublier Allende, la guerre dans le désert du Sinaï a couvert
de son vacarme les plaintes du Bangladesh, les massacres du Cambodge ont fait
oublier le Sinaï, et ainsi de suite et ainsi de suite, jusqu’à l’oubli complet
de tout par tous.../...
Ce qui me replonge dans mes propres souvenirs des années 90, que j’avais
créé cette complainte :
« De Bogota à Saint-Pétersbourg, des enfants sans amour se cachent
comme des rats » ...
Mais de ça, à l’époque, on n’en avait pas tellement parlé !
Et que penser de cette dérision du philosophe Emil Cioran (1911-1995) :
« Les hommes se haïssent mais ils ne sont pas à la hauteur de leur
haine. Cette médiocrité, cette
impuissance sauva la société, en assure la durée et la stabilité » ???
De quoi, ...les Tribunaux, les prisons, les marchands d’arme ?
Au clavier et arrangement musical : Jean-Marie Dorval
Les Enfants de Bogota*
Léo Ferré est mort / Que reste-t-il encore
Un ami est parti ** / Qui n’a jamais failli
Sur son parcours d’amour / Laisse la belle du jour
Parti dans la nuit longue / Pour que vive le quelconque
L’oiseau s’est envolé / Quand est tombé le blé
Et déjà le chasseur / Qui attendait son heure
Dépose la faucille / Pour prendre le fusil
Et fait du Paradis / Cette Terre d’incompris
Refrain :
Ô incomprise ! Mais de Saint-Pétersbourg jusqu’à Bogota
Des enfants sans amour se cachent comme des rats
Et de ça je n’en parle pas
Dans l’incertaine récolte / La veuve délaissée
Ce fils en révolte / Ne comprenant toujours pas
Ce père qui perdit foi / Et choisit le trépas
Ô comme agonise / Ce siècle en pleine crise
Ce frère bouleversé / Dans la maison vidée
Recherche un peu d’espoir / Dans les murs sans mémoire
Au moindre calembour / S’illusionne d’amour
Et ne voit pas celle / Qui lui sera fidèle
Refrain 2
Politique en déroute / Que tout le monde redoute
Au siècle du laser / On ne parle que de guerre
On te préfère fêtard / Et tu passes pour fou
Si tu partages tes sous / Avec tes amis clochards
Et toi jeune promise / Dont le rêve se brise
Meurtrie à jamais / Par l’inconscient amant
Tu ne pourras comprendre / Toi qui vécus si tendre
Issue d’une famille / Où régnait l’harmonie
Refrain final
Ô incomprise ! Mais ces cités sont si loin
Et ici dans cette ville
Je me plains, tu te plains comme c’est débile !
Et de ça, on en parle que trop bien.
* Début des années 90, suite au récital que je donnais au château de Bierbais ( au Brabant-Wallon, près de LLN) de SAS Stéphanie de Windisch Graetz (petite- fille de l'Archiduchesse rouge et cousine d'Albert II, roi des Belges; également instigatrice à l'origine des Clinic-Clowns ), la princesse, mon hôtesse, me fit remarquer qu'à Saint-Pétersbourg, - dommages collatéraux au démantèlement de l'URSS, des goulags et des prisons pour mineurs - , des milliers d'enfants sans abris et affamés erraient dans les rues de la cité des tsars. Aussi ce refrain, où j'inclus dès lors : des enfants de Saint-Pétersbourg.
**Joseph Rosenberg, seul survivant de sa famille du ghetto de Varsovie. d'où il s'échappa à l'âge de quinze ans. Il s'engagera dans l'armée de Ben Gourion en 48, mais vu qu'il fut relégué aux cuisines , vexé, il quitta la Palestine et s'installa en Belgique; il suivit une formation d'artiste peintre à l'Académie des Beaux Arts, rue du Midi à Bruxelles, et aussi devint un excellent contrebassiste. Beaucoup de ses tableaux décoreront mes restaurants; il fut aussi un fidèle accompagnateur à mes récitals, à partir de 1988, lorsque j'abandonnai le métier de la toque pour la troquer pour une guitare.
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