vendredi 14 août 2026

 

Le droit d’être utile ?

Comme écrire une chanson tout simplement !

 Aussi utile que semer un champ et cuire du pain…

 

Mais en ce moment être utile pour moi consiste à accompagner Nicole, ma belle-sœur, veuve depuis plus de vingt ans de René, mon frère aîné, aux soins palliatifs et qui s’éteint tout doucement d’une tumeur au pharynx à un stade trop avancé pour être traitée par les oncologues.  La voir partir, c’est voir mon frère mourir une seconde fois. Combien de temps ?  Deux semaines peut-être ?

 

Et me vient à l’esprit cette chanson jamais enregistrée :

 

La Vie après la mort, c’est vraiment l’aventure

 

Quand Jésus passa là expliquant toute la vie

Mais que les hommes gourmands n’ont pas bien compris

Ils le mirent sur la croix inventant une foi

Refoulant leur instinct pourtant bonne thérapie

 

Ecoutez les vivants qui me croyez déjà mort

J’ai encore dans le corps des milliards d’êtres forts (ADN)

Qui préparent leur voyage emportant leur trésor

Par l’insecte ou bien l’eau comme moyen de transport

 

Refrain :

La Vie après la mort c’est vraiment l’aventure

Ne me mettez pas en boite isolé de la terre

Si vous ne pouvez pas jetez moi à la mer

Surtout ne me brûlez pas c’est peut-être l’enfer

 

Il y en a qui s’en vont se cacher des vivants

Au milieu des déserts ou au fond des océans

Ceux qui se sont sauvés voyant ces enterrements

Ont préservés leur corps de ces commerces florissants

 

En lisant l’évangile de cet homme sur la croix

Paraît-il que jamais on ne retrouva son corps

Symbolique ou non ça conforte ma foi

De protéger ma chair même après ma mort

 

Refrain …

Il est clair que cet air n’est pas très romantique

À mon corps défendant ça me vient de l’inconscient

Ah cette plume qui défie les Vivants 

Que les dieux me pardonnent cet esprit trop critique

 

Qui voudrait que sa fin soit une longue agonie

Trépasser en souffrant ou pire encore par ennuie

Finalement je préfère tomber face aux fusils

Vaut mieux mourir vivant que vivre mort en sursis

 

Refrain…

Mais encore ici-bas bien vivant je peux dire

Que cette mélodie a pour but de faire rire

N’est-ce pas ce qu’il y a de mieux pour le bien des mortels

Et que cette chansonnette devienne une ritournelle

 

Mais quand dans l’au-delà débarquera mon âme

Trouverais je la réponse à ces lois qui condamnent

Les élans les idées survolant les frontières

Des États languissants qui perturbent la terre

 

 

 

Mais aujourd’hui, observant comme je peux, la dégradation du Vivant, par la présence humaine sur la planète, nous sommes exactement pareil à ces cellules cancéreuses qui refusent de mourir formant des tumeurs qu’on pourrait comparer aux mégapoles qui n’arrêtent pas de se développer au détriment de ce gigantesque « être vivant » qu’est la Terre selon Léonard de Vinci.  Nous le savons pourtant que l’immortalité et l’amour sont parfaitement incompatibles. Ou plutôt non, l’amour serait l’évolution par rapport aux bactéries qui se divisent à l’infini alors que les cellules amoureuses fusionnent pour céder la place à une nouvelle.   Tellement explicite dans le monde des insectes.  Les papillons éphémères en sont le meilleur exemple.    Paradoxale que serait donc l’anthropocène !

Jacques Attali dans l’un de ses derniers livres préconisait l’idée que nous devrions tous mourir vers les soixante ans, ce qui rétablirait l’ordre des choses. Serait-ce la véritable raison du suicide d’un Roman Gary, cet auteur génial, écologiste avant l’heure avec « Les Racines du ciel » et « La Vie devant soi ». Me voilà donc, aux yeux de ma confrérie de vieux sages, par ces révélations eschatologiques, coupable et condamné à la censure.  En criant : « à mort ce mécréant ! », vous commettrez un acte de foi à la Vie.  C’est peut-être ça la raison des guerres, après tout ! 

 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire