jeudi 10 septembre 2026

 

Ah cette foutue adolescence !

Et cette foutue phrase d’Amélie Nothomb au dos de son livre …comme pour clore la discussion, qui n’en est pas une puisqu’il s’agit d’un monologue qu’est son dernier roman au sujet de :"l’adolescence du perroquet" :

« L’amour n’est pas un dû. »  

Oui, avec elle, nous sommes bien au pays des romanciers géniaux, comme les désignait René Girard, qui nous apportent un plus à notre humanité bienpensante.  Justement à cette question, l’individu seul, livré à lui-même, aurait-il la faculté de penser justes ?  Qu’en est-il de sa responsabilité quand le heureux hasard d’une rencontre, d’une fusion à l’autre, il aurait à assumer le rôle d’un parent, si s’ensuit une rupture et que dès lors le fruit de cette union, l’enfant, perdrait ou plutôt sera face au constat d’un échec.  Sûr que sa propre identité en prenne un coup !

  Mais il faut faire avec, n’est-ce pas ? Nous assistons aujourd’hui aux désunions parentales de plus en plus fréquentes.  Serait-ce l’Évolution, une forme de modernité du genre humain ?  Mais le réel en somme serait-il alors toujours ces questions sans réponse que même l’art ne puisse résoudre ?

 Mais non, nous rétorquerait Francis Scott Key Fitzgerald : « Même si les choses sont sans espoir, nous devons être déterminés à les changer » …Et là, c’est vraiment du grand art à son paroxysme !  Que cette frénésie optimiste l’emporte pour combler le souhait de notre planète : 

« …/…Le désire de la Terre

C’est perpétuer l’instant

De l’amour mère et père

Pour la vie d’un enfant

Et s’accomplira sa voie, sa destinée

Fière de nous porter dans l’immensité

Nous devenus sages

Presque des anges

D’être une étoile parmi les étoiles » 

 

Pour l’audio, voir « mesparaboles.blogspot.be » à la date du 18 novembre 2025 sous le titre: Raison de Terre.  

Mon fils,

 Te souviens-tu de cette chanson écrite pour tes dix-huit ans, pour célébrer ta venue parmi les adultes à la Flambée rue Francart, dans ce restaurant de ma mère et que j’avais chanté avec la guitare : « Faut être deux », complainte qui s’adressait à ta maman et puis à toi.

Notre séparation de plus d’un an nous privait de l’indispensable complicité parentale, mais la chance autour de cette grande table pour ton anniversaire, m’avait offert cette belle opportunité.

 Non ce n’était pas l’amant implorant sa belle qui l’avait quitté, mais ce père responsable qui pensait à ton avenir.

Cela me replonge, j’y pense maintenant, dans mes souvenirs.

Oui, j’avais dix-huit ans quand mes parents aussi se désunirent.

 L’épilogue, la mise en garde d’un père à son fils pour qu’il s’éveille plutôt que se préoccuper de ses parents en état conflictuel n’a plus de raison d’être évidemment.

 Éveillé tu l’es aujourd’hui : plus besoin de cet air, mais pour d’autres adolescents, qui sait ?  

 D’accord le style, la grammaire sont assez simplistes, mais j’écrivais cela alors sous l’emprise de l’émotion.   Que le texte soit resté inchangé, le rend peut-être plus authentique !  

Faut être deux

Ô femme j’ai besoin de toi

Même si on est séparé

Je dois écrire à notre fils

Il entre dans une vie difficile

 

Il y a tant de choses à expliquer

Et j’ai bien peur de me tromper

Il faut les mots qu’il faut

En moi trop de confusions

J’ai besoin de toi

 

D’accord tu veux le protéger

Mais moi je dois le transformer

D’un fils il doit devenir un homme

Il faut que son esprit se forme

Un homme, un homme

 

Hélas, et je parle d’expérience

Les mères s’effacent dans le silence

Les pères se prennent pour la science

Comment lui dire ce que je pense

 

Aide-moi à bien peser les mots

Ce n’est pas que je veuille en faire un héros

Qu’il soit avant tout lui-même

Qu’il apprenne à s’aimer

Comme toi et moi on l’aime

 

D’accord tu veux le protéger

{…/…} un homme

 

C’est sûr quand on est séparé

L’enfant ne peut plus écouter

Il faut pourtant lui expliquer

Confiant sortir de son enfance

Sa tête lui  faut la mettre en marche

Personne ne le prendra en charge

Faut être deux pour qu’il comprenne

La vie elle n’est pas si cruelle

 

Mon fils il faut te réveiller

Au lieu de te préoccuper

De parents chacun de leur côté

Qui croient leur solution la bonne

Pour faire de toi un homme

Un homme 

PR. : Quand mon fils allait avoir ses dix-huit ans le 25 mars 1988. 

Au cap des cinq milliards d’humain en 1987, soudain un flash avec ma guitare, oubliée pendant plus de quinze ans.  Sûr que c’est elle, reconnaissante qui me murmura cette mélodie... et les mots s’y glissèrent comme par magie !  Si bien qu’en moi, le sentiment (ou la grâce) d’un appel vers une autre voie, je troquerai mon bel habit de commerçant bourgeois aisé pour la redingote du chanteur errant au petit bonheur la chance... Et très solitaire, puisque femme et enfants ne me suivront pas.

 Que dire à mon fils alors pour ses dix-huit ans, réalisant son trouble, suite à la séparation de ses parents ?

 «

« Faut être deux »


Un clic sur ce lien pour écouter la chanson