mercredi 6 mai 2026

 

Des lamentations ?   Pas question !

 

Au saut du lit de ce début de mai 2026, au crépuscule de mes quatre-vingt-quatre ans ...que dès lors, pourrai-je prétendre faire partie du monde des sages ?  Rien n’est moins sûr !

Entrer dans le cercle de ces aînés   m’autorise-t-il   à me situer en haut d’une pyramide sociétale à l’épreuve des turpitudes pour prétendre compatir à ce monde de sang relégué à la fin des temps par les lâches, les indifférents, les habiles, comme le soulignait Marguerite Duras à une époque que l’on croyait révolue ?  Eh oui, à l’âge où cette grande historienne tirait sa révérence, je la découvre enfin quatre décennies plus tard ; et me voilà en extase comme l’assoiffé mourant   dans le désert visionnant l’oasis d’une source intarissable de mots de la première femme immortalisée de l’Académie française ! 

 Oui, en lisant « L’Œuvre au Noir », je trébuche, non sans un certain enthousiasme, sur des termes, des expressions qui m’obligent à consulter Wikipédia pratiquement à chaque page. Hélas, pardon chère Marguerite que j’effeuille en ce moment, je crains que ta savante écriture s’estompe malheureusement très vite dans les annales de ma mémoire défaillante !    J’ai beau le savoir, mais ça ne freinera pas cette gourmandise littéraire.  J’espère qu’Il en restera toujours quelques bribes utiles qui s’imprimeront en mon âme et (in)conscience.   Qu’instinctivement, même sans m’en rendre compte, l’esprit en moi ou celui d’une entité transcendantale me guide vers le bon équilibre du Grand Tout.

 

 Il m’arrive parfois de douter quand je pense aux lacunes de mon manque d’études supérieures, et aussi de ce fait cette orientation pour le commerce qui m’avait assez bien réussi pour profiter du prestige que procure l’argent...Pourquoi avais-je, vers ma quarantaine, tourné brusquement le dos à ce confort bourgeois et partant familial, puisque ni femme, ni enfants ne me suivront ? J’avais certainement eu tort !

 

Mais voilà, ce matin tôt, au saut du lit, cette voix intérieure me rappelle et me rassure :

Non Georges, tu as fait le bon choix par tes chansons !

 

Le droit d’être utile


Le  blues du Drapeau


Le besoin de chaque homme doué de raison
Être et faire avec tous les autres
Solidaire partagé le Grand Œuvre 
De ce gigantesque champs de manœuvre


Mai 1985. Manifestation à Bruxelles contre le plan Val Duchesse qui prévoyait la restriction d'emploi de 3000 enseignants.




Le droit d’être utile ou Le blues du drapeau

Un drapeau m’effleura le visage
Alors que j’étais dans les nuages
Une caresse l’impression d’une présence
Me berça un instant comme un ange

Quand enfin réagirent tous mes sens
Me tournai vers cette chose si étrange
Circonstances liées à l’émotion
Lui donnèrent une toute autre dimension

Circonstances liées à l’émotion
Cent mille êtres suivaient ce drapeau
Revendication des professions
Le droit d’être utile sans prétention

Vision symbolique exaltant les passions
Déployées dans les rues de la capitale
Les bannières ouvrières honorant le travail
Ressemblaient vues de loin à des flambeaux

Quand enfin je levai le regard
Découvris mais trop tard l’étendard
Ce dernier s’éloignait en silence
Réveillant en moi mieux qu’une fanfare

Cette vie oubliée de mon enfance
Me revint comme un souffle de fraîcheur
Ce léger soubresaut de bonheur
Donne envie de lancer mon âme au vent

Le besoin de chaque homme, doué de raison :
Être et faire avec tous les autres 
Solidaire, partager le Grand ‘œuvre

De ce gigantesque champ de manœuvre.

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