samedi 8 mai 2021

Lettre à SAS Stéphanie de Monaco Altesse, Souvenirs désenchantés, je m'en doute pour votre passage à Bruxelles en 1987, vu que les Médias envieuses et donc, à mon humble avis, mal intentionnées ne comprenaient pas votre profond engagement à l'époque pour "Les Fleurs du Mal », qui, par contre, me sensibilisa et fut un des points déclencheurs de changer ma propre destinée. Je sais que Vous ne désirez pas rappeler ces circonstances, mais je dois obéir à ce besoin de Mémoire. Veuillez me pardonner.



1986, Sandra Kim gagne l'eurovision. L'année suivante le concours se passe à Bruxelles.
1987, trois minutes avant l'événement télévisé, Stéphanie de Monaco se fait filmer devant mon restaurant, le" Marenostrum", petite rue des bouchers, pour sa nouvelle chanson " Les Fleurs du mal"**.
Pour moi ce fut comme un message: "Si une princesse vient chanter devant ma porte, qu'est-ce que j'attendais pour reprendre mes chansons enfouies et ma guitare oubliée ?
Ce fut le déclic, je tournai le dos à la boutique et irai jusqu'à son palais de Monte-Carlo lui présenter cette mélodie et bien d'autres encore. Ma vraie vocation; je crois. Changement de vie totale !

**Les célèbres poèmes de Baudelaire...qui avait  résidé dans l'Impasse Aux Peaux, près de la Grand-Place et tout proche de la Petite rue des Bouchers (Celle-ci jusqu'en 1958  était le quartier  des lesbiennes d'où peut-être un lieu d'inspiration  et ce titre "Fleur du Mal")… Il faut savoir, en vue de l'Expo 58 à Bruxelles, la brigade des mœurs,  fera fermer les bars et cabarets qui constituaient la majorité des commerces de la  rue.  Fin des années cinquante dans cette maison  où  le poète vécut au siècle précédent, je précise,  était-ce le hasard?, au premier étage, un cabaret s'intitulait: "Le Grenier aux chansons". Quelle force mystérieuse avait donc poussé Stéphanie de Monaco?   Une stratégie médiatique ou l'intuition d'une artiste?  
La Petite rue des Bouchers en 1958

vendredi 7 mai 2021

Pourquoi rient-ils ? J’avais annoncé, en juin 1958, avant le départ aux grandes vacances, que mes parents ouvraient un restaurant dans la petite rue des bouchers. À mon étonnement, mes profs en soutane du Collège Ste Gertrude, soudain égayés par mes dires, semblaient bien la connaître cette ruelle du centre de Bruxelles...Mais pourquoi riaient-ils ? Çà, je le comprendrai que plus tard ! Cependant, il a fallu de peu, que disparaisse l’âme corporatif et pittoresque de cette voirie du moyen-âge. En fait, en vue de l’Expo 58, s’érigera, en honneur à la science, l’Atomium comme élément phare - à l’instar de la Tour Eiffel de Paris pour son Exposition Universelle de 1889 -, que cette construction en aluminium (censée être provisoire) de cent-dix mètres de haut, qui représente neuf atomes de fer, agrandis cent-soixante-sept milliards de fois, allait évidemment attirer un tourisme mondial très important, - les autorités de la capitale projetaient d’élargir ce passage médiéval pour faciliter l’accès vers la Grand-Place, où la statue de Manneken Pis, jouxtant la Grand-Place, ne serait également pas en reste pour attirer l’afflux touristique. Un autre problème aussi chagrinait l’Office du tourisme avant l’Expo 58. Euphémisme que prétendre à l’âme de ce quartier... ou alors ajoutons-y « damné » par l’ambiance qui devait planer entre ces maisons mitoyennes imprégnées de souffrance animale pour satisfaire les besoins carnassiers de nos aïeux. Lorsque furent déplacés ces abattoirs en pleine rue, le mal en manque trouvera une autre façon de régner en maître dans ces bas-fonds de cité. Se côtoieront plus tard les débits d’alcool, les bars louches aux mœurs équivoques, le point de ralliement des mal-aimés ou d’amour différent, dominé par le commerce de la prostitution, où le rôle du maquereau proxénète était tenu par des femmes. Oui, la petite rue des bouchers est le lieudit des lesbiennes jusqu’avant 58... son prolongement vers la Place de la Monnaie, la rue des Dominicains, est animée par les pédérastes. - Avis personnel peut-être, mais de ce que j’ai pu constater, vu que j’y vécus dans ce quartier,(et pas que moi, Charles Baudelaire, l'auteur Des Fleurs du mal, y séjourna également) et sans doute de là le mot « gay » pour les distinguer, les pédérastes sont nettement plus joyeux que leurs voisines gouines. Quartier interdit aux militaires paraît-il. D’ailleurs, mais simple supposition de ma part, cela ne m’étonnerait pas que ce soit sous l’Occupation des Nazis, très à cheval sur la question, que cet ordre coercitif fut lancé ! Pour en revenir à 1958, ce n’était évidemment pas l’image que voulait montrer Bruxelles au Monde ! Aussi, la Police des mœurs fit preuve d’un zèle extrême par des fermetures de presque tous ces commerces douteux, que dès lors ces immeubles de la fin du 17ième S, seront disponibles pour des prix très modiques. Lucio, notre père à la recherche d’un local pour établir son projet de restaurant, remarquera une affiche « à louer » sur la façade du numéro 21, commerce d’un marchand de charbon décédé, qui avait certainement eu ses heures de gloire...Il fallait quand-même aussi se chauffer dans ces lieux de perditions. L’enthousiasme de Lucio, notre père, à ce projet de restaurant « La Flambée », comme il voulait l’appeler, dans ce quartier frappé d’opprobre par l’autorité communale réveilla la léthargie des services de l’urbanisation un peu coupables du déclin de cette rue. Pour satisfaire à leur souhait, qu’à l’origine au 17ième Siècle une Hostellerie du Mouton d’or était implantée dans cet immeuble, les restaurateurs en herbe, décideront vite du nom d’enseigne : « Restaurant Le Mouton d’or ». Sous la direction et les plans de Mr Bosman, architecte de la ville, il sera édifié une nouvelle façade à la flamande, avec son pignon en gradin, totalement financée par les fonds Bruxellois... Et qu’ainsi le projet d’élargissement de la Petite rue des Bouchers fut abandonné... que naîtra le célèbre quartier de l’Îlot Sacré et sa centaine de restaurants. Hélas, aux artisans fondateurs qui en avaient donné cette ambiance du bien manger au cœur de Bruxelles, dont notre paternel avec son slogan d’Européen avant l’heure : « Manger portugais dans le plus parisien des restaurants bruxellois, à prix démocratiques », se succèderont, ce qu’on appelle communément pour la plupart, des pièges à touristes et ce principalement dans la Petite rue des Bouchers où je dirigeais la Bergerie, le Marenostrum et la Petite Provence, oui au passé, car je démissionnai en 1987... juste un peu après que Stéphanie de Monaco se fit filmer devant ma façade du Marenostrum, quelques minutes avant l'Eurovision de la chanson qui se passait à Bruxelles, pour présenter son nouveau titre "Les Fleurs du mal". Curieux tout ça!

jeudi 6 mai 2021

 

Par hasard, je retombe sur un début de texte, écrit le 23 avril dernier, jour qui me rappelait un triste dimanche de 2017.  Charlotte, sans prévenir, m’avait quitté la veille et ne me donna plus la moindre nouvelle, sauf quatre jours plus tard, par une lettre d’avocat pour demander le divorce.    Qu’on le veuille ou non, il y a des dates comme ça, des engrammes, qui refont surface, un peu comme cette petite analyse perdue de la Toile, sans doute suite à une erreur de mes doigts sur le clavier ; cependant ce courriel vers mes amis me semblait assez important.   Aussi, pour dissiper ce léger doute que j’ai cru ressentir de votre part au sujet de mon trouble de ce moment-là, merci, de me permettre de vous le faire parvenir, car je crois que cela nous concerne tous.  Le partage des sentiments est, me semble-t-il, l’une des bases de notre humanité.  

 

Voici ce texte :

Petite maison désemparée

Pour surtout les plus proches : la famille, on peut ressentir une certaine irritation lorsqu’on se relâche avec nostalgie, suite à une date qui vous rappelle une souffrance intense.   Non, pas celle de la perte d’un être cher, dans ce cas, ce serait plutôt de la compassion qui rapproche et console...non cette irritation, que vous venez de provoquer, d’avoir malencontreusement remis au goût du jour cette rupture : celle où votre compagne pour la vie vous avait trahi brutalement en vous quittant sans prévenir.  Vous qui l’aimiez et qui penserez : « - tant mieux pour elle si elle est plus heureuse ! ».   Par contre vos amis les plus intimes ne porteront pas sur elle le même regard.  Ils n’ont pas trop envie de pardonner à celle qui vous a fait souffrir, vous voyant perdu déambulant comme un orphelin en peine à la recherche de ce temps perdu, de ce bonheur qui ne reviendra plus dans cette maison qui finalement sera abandonnée.

 

(PR : voir mon blog du 23 avril 2021)

mardi 4 mai 2021

Parce que c'est mai

Enfin ce joli mois de mai qui nous réveille d’un coup   - l’inspiration, le besoin de communiquer, de partager -  et  donne envie de créer et de penser à tous les êtres merveilleux qui nous entourent, qui se sentent responsables.  

C’est parce que c’est mai  

C’est parce que c’est mai   les lilas sont en fleur
Le temps du muguet     que s’ouvre son cœur
Que le soleil me donne des ailes
Pour voler vers elle  le vœu de l’Éternel

C’est parce que c’est mai   que tu me reviens
Comme l’hirondelle   qui tombe du ciel
On n’a plus besoin   de tout ce bois mort
Pour chauffer nos corps  il ne faut que nos mains

C’est ça les amours  ça part et ça vient
La nuit comme le jour   façonne nos destins
Parfois nostalgiques   souvent pathétiques
Chassés par le vent    qui pousse en avant

C’est parce que c’est mai   les dieux de l’Olympe
Me soufflent les mots simples   sans jamais trop de mais
Pourrait-on se marier    être père et toi mère
Ou bien même se marrer  s’offrir l’éphémère

C’est parce que c’est mai   le temps du lilas
Et tout ce muguet   et puis te voilà
Je lâche la plume   soûlé de parfums
Et comme un loup fou   je cours sous la lune

C’est parce que c’est mai   le temps du lilas
Et tout ce muguet   et puis te voilà
Je lâche la plume   soûlé de parfums

Et comme un loup fou   je chante sous la lune 




lundi 3 mai 2021

 

Josef Kropinski

 

C’était dimanche hier, 2 mai 2021, bien que j’annonçais  la veille de raconter de comment Frank, cet autre berger allemand, quatre décennies après Topsi contribua également à ce bonheur que l’on éprouve à dix ans ou à cinq fois plus âgé, en se promenant en pleine campagne ou sous la futaie des grands arbres en forêt, l’envie d’écrire me manquait (ou plutôt, l’inspiration).

 Et puis, ce jour du Seigneur, même Télé Matin se repose et laisse ainsi la parole aux différentes pensées religieuses, que je ne manque pratiquement jamais de regarder ; suis-je Bouddhiste, Juif, Chrétien, Musulman, Agnostique ou le tout à la « fois », disons...Taoïste ?  Pour Albert Camus, le paroxysme de la foi, est de croire en soi, me semble la réponse qui convient assez bien à ma propre philosophie. Lors d'une discussion sur la question de croire ou non, voici ma prétentieuse réponse: "Je trouve présomptueux de croire en Dieu, j'espère juste qu'Il croie en moi!"  N’empêche qu’un peu de nourriture spirituelle, c’est toujours bon à prendre.

  Cette fois, la séquence juive « À l’Origine » est présentée par le producteur et acteur Steve Suissa conversant avec, que je découvre, le compositeur-clarinettiste écrivain Hélios Azoulay, (dernier livre « Moi aussi j’ai vécu »), Directeur aussi de l’Ensemble des musiques incidentales (terme que j’ignorais jusqu’à le lire à l’instant dans Google : musique pour des scénarii de films).    Quelle vivacité le Maestro, malgré les horribles souvenirs de la Shoah pour nous rappeler ces rares rescapés qui se le devaient pour témoigner portant, chacun en eux, l’âme de millions de ces Juifs exterminés!

 PR. Extrait de ma chanson « Halabjã » :

 « De ces ghettos, sûrs d’une mission, des fils nouveaux firent une nation » !

   Un hommage particulier (musicien oblige), à cet extraordinaire Josef Kropinski compositeur emprisonné à Auschwitz qui survivra grâce à la musique ; il créera près de six cents œuvres.  Hélas, pour échapper à quelques nuits trop froides, le trois-quarts de ces partitions lui serviront de feu d’appoint !   Il en reste encore néanmoins une bonne centaine.   Curieusement de retour en Pologne, il deviendra cultivateur et oubliera la musique définitivement.  Sans doute ne voulait-il pas réveiller de vieux démons !   

samedi 1 mai 2021

   René mon grand frère 

C’est sûr, les années quatre-vingt-dix, c’est la grande période – déjà même à partir de 1987, lorsque je tournai le dos à la boutique (disons de mon rôle de P.DG pour les sociétés surtout axées sur la restauration, mais pas que...évidemment)  -  de ma métamorphose ( Non Mr Kafka, pas en une mouche !) ,  en un fou chantant...Non pas aussi bien que celui qui berça la France dans le pays de son enfance , of course ! Enfin, d’après certains commentaires de journalistes, par la voix, il y avait des ressemblances.  D’ailleurs sur la base de ses célèbres anatoles de « La Mer qu’on voit danser » où je remercie Charles Trenet à la fin, je m’en servirai pour une de mes, si pas la première, chansons « Oui maman, c’était moi ». C’est l’histoire d’un p’tit gars qui fit le tour du monde et revint enfin voir sa mère.  Je la chante peut-être à la première personne, mais ce n’était pas moi, mais mon frère aîné   René ; je me transposais à lui.  Au début des années soixante, doué pour les langues, grâce à ses années d’anglais au Collège, il réussit à être enrôlé comme Steward par la compagnie anglaise de Southampton sur le Noord star et le Southern Cross, deux paquebots transatlantiques ; des croisières de six mois autour du globe pour les quatre mille passagers, pris en charge par plus de mille hommes d’équipage.  Il me racontait, à ses retours, les tempêtes dans l’Océan Indien où toute la vaisselle se brisait et aussi les terribles bagarres entre les Irlandais et les Anglais.  De vrais bêtes féroces, dès qu’ils avaient bu...et ça boit ces hommes-là !... Il y en avait même qui passaient par-dessus bord !  Ouf, lui avait de la chance en tant que Belge !   « Oui maman, c’était moi ! », c’est un peu la prière des aînés oubliés suite aux suivants qui prennent toute l’attention des parents et plus encore lorsque les mamans travaillent à l'extérieur et n'ont plus le temps de s'occuper pleinement des enfants.  Il y en a quand-même eu six après lui et que finalement, il me murmurait discrètement : « Encore un enfant ! »; n'empêche qu'il ne fallait surtout pas qu'on touche à ses petits frères.  Quand j'ai connu mon premier amour Lydia à dix-huit ans, elle me rapporta ses paroles, tout au début de notre relation :   

" Si tu fais du mal à mon frère, je te tues!"    


Ma toute première chanson écrite à vingt ans ans,  sur la suite d'accords de la Mer de Charles Trenet:  


Oui maman,  c’était moi !

C’était un petit gars
Qui partit au loin si loin là-bas
Oui maman c’était moi
Oui maman c’était moi

Comme un matelot sur un grand bateau
Comme un oiseau vers d’autres paysages

C’était un petit gars
Qui partit au loin Si loin là-bas
Oui maman c’était moi
Oui maman c’était moi

J’ai bien changé après vingt ans
J’ai rencontré toutes sortes de gens
Pourtant mon âme de p’tit gars
Est restée près de toi

Toi qui es toujours la même
J’ai beau chercher à voir un changement
Dans tes yeux que j’aime
Tu es toujours ma petite maman

C’était un petit gars
Qui partit au loin Si loin là-bas
Oui maman c’était moi
Oui maman c’était moi

Voyez ces p’tits gars dans tous les coins du monde
Qui recherche quelque chose
Peut-être bien une maman
Pourquoi pas une maman

Voyez ces mamans sans jamais une pause
Qui travaillent à la ronde
N’peuvent plus vivre autrement
Sont pourtant des mamans…

C’était un petit gars
Qui partit au loin Si loin là-bas
Oui maman c’était moi


Oui maman c’était moi