jeudi 13 juillet 2023

 

Petite anecdote personnelle qui me revient en mémoire, puisque justement l’OTAN est à l’ordre du jour à Vilnius.   Enfin, cela remonte aux années 90 !

« You, Gosses, la Vie ».   
Un clic pour écouter la chanson

Arrangements et guitare-basse:  Alan Booth
Pierrot de Biesme guitare 
Batterie Bob Darch
Piano Rudy Mynaert
Duo avec,  pour la partie en anglais, Joëlle Neef

 Il était Albanais et avait fui le conflit refusant de prendre les armes !

Je lui avais demandé de la traduire en yougoslave et il m'a répondu : Dans quelle langue*, il y en a...  .Finalement, j'ai opté :  Anglais Français pour vous le dire : " La vie, la vie, the life..


Au temps de la guerre en Yougoslavie... l’Otan...ma chanson : You, Gosses, la Vie...

   La bonne foi fanatique de peuples composant la Yougoslavie, poussant jusqu’aux pulsions génocidaires vers ceux qui ne la partageaient pas : leur foi...Qu’alors, déclencha la mise en action de la force militaire des États membres du Pacte atlantique dont le siège, nous le savons, se situe à Bruxelles – en ce temps-là, pour ma petite histoire, sous l’autorité du général américain Wesley Clark –.  Oui, il faut que je vous raconte !  

D’abord, comment est née cette chanson ?

   Suite à une visite chez mon beau-frère André dans son nouveau resto « le Point Stone » à Wavre, j’avais aperçu un jeune homme très préoccupé à déballer du mobilier pour la terrasse :

« - Tiens, un nouveau ?

«  - Oui, c’est un jeune Yougoslave », répondit l’élu de la préférée de mon père...Normal, une seule fille pour cinq garçons !  

 « - Un Yougoslave !  Ne m’en parle pas ».

À peine prononcés que je regretterai ces mots maladroits.  En effet là-bas dans les Balkans des jeunes, des familles mouraient ...et moi, ancien patron dans mon petit confort égoïste, je me rappelais les déboires avec les quelques Yougoslaves que j’avais eu à mon service.  Quel imbécile que j’étais ! Pris de remord, je n’en dormis pas la nuit et composai « You, Gosses, la Vie » et j’allai présenter des excuses à ce nouvel employé en lui demandant de la traduire en yougoslave.

Etudiant albanais en Fac de Droit, il avait refusé de prendre le fusil, et s’était expatrié...    

*« - Oui, mais dans quelle langue, me répondit-il ...en croate, en macédonien, en serbe ou en albanais ? » 

En fait la langue yougoslave n’existe pas, que finalement je trancherai par « Anglais, Français pour vous le dire ! » :

Yougoslavie, Yougoslavie

You, Gosses, la Vie !

Anglais, Français pour vous le dire :

La vie, la vie, la vie !

 

Yougoslavie, 

Faut-il traduire

You, gosses, la vie ;

C’est bien le contraire de mourir.

La vie, la vie, la vie !

You’s -For the friends

Gosses -Means the children

You, gosses, la vie

La vie -The life and not the end!

You, gosses, la vie!

Yougoslavie!

 

Y-a-t-il sur Terre plus joli nom

Yougoslavie

Each land would love to sheare his name

Yougoslavie!  Yougoslavie!

 

Yougoslavie Yougoslavie!

You, gosses, la vie!

Anglais, Français pour vous le dire :

La vie, la vie, la vie !

Yougoslavie...You !

 

À peine, l’exquise de cette mélodie dans ma guitare, je me précipiterai chez Alan Booth pour les arrangements en lui suggérant de s’inspirer de «Les pénitenciers », interprété par Johnny Halliday.  Son génie ne se fit pas attendre.  Très vite, nous enregistrerons au Studio D.E.S. avec Francis DeWell pour la prise de son.   Joëlle Neef, l’une des filles jumelles de Georges, l’un des patrons des Brasseries Georges à Uccle, pour la partie chantée en anglais ; à la guitare solo :  Pierrot de Biesme ; Bob Darch à la batterie ;  Rudy Mynaert  au piano;   et Alan Booth à la basse  (c’est lui, Alan Booth, le véritable artisan de cette chanson). Pour le chœur ? En plus de Joëlle,  Toni le jeune Albanais et un de ses collègues, un certain Michel, serveur du Point Stone de mon beau-frère André.    

 

Il n’y avait plus qu’à mettre en boucle et graver mon premier album sous le titre « You, Gosses, la Vie ».  Des mille CD que je distribuai à tout vent, j’apprendrai que l’un de ces disques  débarqua sur le bateau de France-Radio qui mouillait en face des côtes Dalmates et diffusa régulièrement cette chanson  pendant le conflit qui engageait également l’armée française ; que son Excellence, l’ambassadeur de Yougoslavie à Bruxelles, par un courrier, me remerciera chaleureusement ;  et que j’irai jusqu’au siège de l’Otan qui campe ses bureaux sur le boulevard menant à Zaventem, dans le but de le confier  à l’un des militaires de faction à l’entrée,  en lui priant de le transmettre au Général Clark...Grand fut ma surprise !  Le milicien me laissa entrer et me suis retrouvé au cœur du QG de la plus grande armée du monde.  Soudain, au centre de cette ruche en pleine effervescence, surgit un groupe d’officiers devant moi dont celui qui semblait le chef m’interpella.

«  - This a present for  Général Clark », dis-je en montrant mon CD.

« It’s me !  Et il prit le disque, le regarda très énervé (je ne me rappelle plus s’il m’avait remercié) et me tourna le dos précipitamment en aboyant sur son état-major de la présence d'un civil sans-laisser-passer.   Mais ce disque, message de vie, n'en était-il pas un - ce qu'avait dû ressentir ce militaire à l'entrée? 

jeudi 6 juillet 2023

 

Bonsoir Patrick,

 

Voilà, cela me fait  très plaisir que tu réagisses à mon SMS  et donc    te propose de cliquer sur "mesparaboles.blogspot.be"  .  Cependant je t'avoue  avoir perdu le  goût à sa continuité (ce que tu constateras probablement, en le  parcourant, par les espaces chronologiques depuis plus d'un mois , alors qu'auparavant, j'écrivais quasi chaque jour) . Raison évidente:  l'âge (81 ans)  qui me fait tout doucement perdre mes moyens  face à ce Monde de plus en plus fou. (C'est vrai que j'ai de plus en plus l'idée de disparaître en mer avec mon petit 420) . ...et de préférence en mer de Cortès avec la dizaine  des deniers Vaquitas...et suivront sans doute les Toto Aba,  pêchés pour leur vessie à vingt mille dollars le kilo...Oh oui! que je me croyais utile à une certaine époque en écrivant des chansons!  Encore toujours concernant l'eau des océans (1994) , ces quatre cachalots échoués sur les plages à Coxyde 

 

Bien à toi…

« N’gâche pas l’eau des Cachalots ! »


PM:

Échouage de quatre cachalots à Coxyde.
Novembre 1994.





Cliquez ici pour écouter cette chanson

Ne gâche pas l’eau des Cachalots

Histoire morbide / En novembre à Coxyde
Sur les plages / Une foule rendait hommage
À quatre cachalots / Sortis de l’eau
Des mâles c’est bizarre / Est-ce par hasard ?
Et je pense
Ne gâche pas l’eau des Cachalots

Je me dis aussitôt / Ça va faire mal à Cousteau
Terre qui pleure / Ses mers qui se meurent
Je pris mon auto / Pour voir ces baleines
Mais vingt kilomètres de bouchon / Pas de veine
Et je pleure
Ne  gâche pas l’eau des Cachalots (2X)

Ça ne fait plus rire /  Qu’une baleine puisse dire
C’est assez / et se cache à l’eau
Pour parler de veine / Je pense pipe-line
Celui de la Taïga / Bonjour les dégâts !
Et je gueule
Ne gâche pas l’eau des Cachalots

J’avais l’intention / D’écrire une chanson
C’était ma façon de bénir ces géants
Que ça rappelle que l’eau des océans
Se ronge comme notre sang
Et je crie
Ne gâche pas l’eau des Cachalots

Mais en venant les voir j'avais mon clebs infernal
Et n'ai plus qu'en mémoire cette odeur ah!,  tombale 
Hurlant comme  loup devenu fou
Cette vue insolite l'a rendu triste
Et je hurle
Ne gâche pas l'eau des Cachalots


De ces Cachalots sortis de l’eau / Ne reste que l’image
Comme une menace / Ils meurent en grimace
Étrange message / Aux habitants des terres
Pour protéger la mer des Cachalots

N’gâche pas l’eau des Cachalots  


N’gâche pas l’eau des Cachalots

lundi 1 mai 2023


Oui, et chaque année, depuis 2003 que fut créée cette chanson pour une certaine Evelyne...que pour elle la rejoindre plus vite en Belgique par la voie des airs,  je laissai mon bateau "le Spirit of Sindbad" à Saint-Martin (aux  Antilles)  entre les mains de mon skipper, Jean-Louis Buclain qui devait le ramener en Europe...Et plus la moindre nouvelle pendant deux ans avant de  retrouver le "Spirit of Sindbad"  complètement éventré côté bâbord dans la baie de Marigot à Saint-Martin, le gréement arraché. Il avait été percuté en pleine nuit par un cargo, face du Surinam ...Pourquoi vers le Sud et le Brésil, alors qu'il devait franchir l'Atlantique vers l'Europe?  Je n'aurai jamais la réponse, Jean-Louis avait succombé en 2005, sans que je le sache,  suite  à une hépatite C à la clinique de Saint-Martin.  Irréparable pour moi, je vendrai les 14 tonnes d'aluminium au poids, à un certain Régis qui exploitait un chantier naval à Sainte Barth un ami commun qui avait décidé de le remettre à flot. .     


 Enfin ce joli mois de mai qui nous réveille d’un coup   - l’inspiration, le besoin de communiquer, de partager -  et  donne envie de créer et de penser à tous les êtres merveilleux qui nous entourent, qui se sentent responsables.  


C’est parce que c’est mai  

C’est parce que c’est mai   les lilas sont en fleur
Le temps du muguet     que s’ouvre son cœur
Que le soleil me donne des ailes
Pour voler vers elle  le vœu de l’Éternel

C’est parce que c’est mai   que tu me reviens
Comme l’hirondelle   qui tombe du ciel
On n’a plus besoin   de tout ce bois mort
Pour chauffer nos corps  il ne faut que nos mains

C’est ça les amours  ça part et ça vient
La nuit comme le jour   façonne nos destins
Parfois nostalgiques   souvent pathétiques
Chassés par le vent    qui pousse en avant

C’est parce que c’est mai   les dieux de l’Olympe
Me soufflent les mots simples   sans jamais trop de mais
Pourrait-on se marier    être père et toi mère
Ou bien même se marrer  s’offrir l’éphémère

C’est parce que c’est mai   le temps du lilas
Et tout ce muguet   et puis te voilà
Je lâche la plume   soûlé de parfums
Et comme un loup fou   je cours sous la lune

C’est parce que c’est mai   le temps du lilas
Et tout ce muguet   et puis te voilà
Je lâche la plume   soûlé de parfums

Et comme un loup fou   je chante sous la lune 



mercredi 22 mars 2023

 La Vie devant soi

(suite du blog du 17 mars 2023)

Avec du recul, je peux dire aujourd’hui qu’Il y a des paris qu’il vaut  mieux éviter, surtout si les protagonistes sont un couple uni pour le pire et le meilleur ... Et justement, l’enjeu, non des moindres, proposait – c’est vrai, j’avoue, d’en avoir été l’instigateur (du pari).  - « La Vie devant soi » - roman, je le savais, d’avoir lu, par hasard quelques jours auparavant, dans la rubrique des spectacles et variétés du journal « le Soir » l’annonce de ce film, dont le livre éponyme avait obtenu le prix Goncourt en 1975, signé Emile Ajar, alors qu’il fut issu de la plume de Romain Gary.  Ce qui avait provoqué dans le monde littéraire, surtout suite à son suicide en 1980, de fameux débats.  En effet, un lauréat du Goncourt ne peut se présenter une deuxième fois.  Ce prix, il l’avait déjà obtenu pour « Les Racines du Ciel » en 1956...Intrigué à l’époque, je m’étais plongé dans cette quasi confession littéraire « Pseudo (d’Emile Ajar/Gary) » un peu perdu dans les circonvolutions de la névrose du prolifique et polymorphe écrivain.  Bref, j’étais un peu au courant, mais Hélène ne voulait rien entendre !   

Enfin... « La Vie devant soi », ce titre n’inciterait-il pas – en tout cas pour moi -   cette vision optimiste d’aller de l’avant, vers un avenir plein de promesse ?  Or, notre évasion sur la Côte d’Azur, en quelques sorte, en retrait de nos affaires (à savoir l’exploitation de plusieurs restaurants, principalement au cœur de Bruxelles près de la Grand-Place), non pas que les formules d’exploitation soient obsolètes et demanderaient une restructuration ;   les finances  se portent comme un charme (qui nous permettaient justement ces quelques caprices de rouler en Rolls et posséder un luxueux motor-yacht),  mais nous étions brutalement frappés par le mauvais sort.  Suite à des examens cliniques, l’oncologue de l’Institut Bordet, Dr. H. annonça un diagnostic peu réconfortant à cette superbe femme de quarante-cinq printemps.  Je la vois revenir sortant du cabinet médical, ses beaux yeux émeraudes en sanglots pour m’annoncer dans la voiture : « Une septicémie aiguë qui risque de tourner en leucémie...Alors, deux à trois ans... à moins d’éliminer la cause... ».  Là, c’est le coup de massue, nous fondons en larmes...Et nos enfants : Barbara, huit ans, et Laurent, presque seize ? 

 

C’est fou, lorsqu’il y a péril dans la demeure de constater le brusque réveil de nos neurones !  Dès lors, comme une véritable    éponge, j’absorbe, je m’informe, je lis, j’écoute, je cherche, j’apprends tout ce qui est possible auprès d’éminents professeurs, nutritionnistes, etc.   Leurs conférences et leurs livres ne manquent pas à l’appel. Entre autres lectures, cette remarque d’un réputé docteur, dont, hélas, le nom m’échappe : « La maladie est une chose trop sérieuse pour la confier qu’aux seuls médecins ».  C’est évidemment à méditer, ce que je ferai.   Et cela, pendant plus d’une année, loin de mes occupations professionnelles.

 In fine, les causes de la mauvaise santé sont relativement nombreuses. Mais celle qui méritait la première place sur le podium était sans contexte : la mauvaise façon de nous alimenter.   

L’enjeu du Pari ?  Celui qui perd suit l’autre dans sa manière de se nourrir.   Moi, depuis quelques temps, je mangeais quasiment cru ; me sentais en pleine forme ; et miracle, j’avais perdu près de quinze kilos.  Ce choix de vivre, bien sûr,  était motivé par amour, car apparemment je ne souffrais d'aucune maladie particulière. C'était une expérience  en jouant le rôle du cobaye pour ma belle.  Hélas, ma dulcinée, trouvait que je délirais!   Ce n’est pas avec moi « cette vie devant soi », mais avec son nouveau médecin, dix ans plus jeune qu'elle et recommandé par l'oncologue,   qu’elle finira par épouser ...Et qui ou quoi de mieux qu’un toubib  amoureux, après tout !  

Oui, fin 1987,  ma vie changea complètement et partirai seul, (enfin presque, j'avais ma guitare)   laissant la place chaude à l'amant: 



Cliquez ici pour écouter Départ


arrangements: Alan Booth




Départ


Bien sûr qu’il y a des liens très fort  
Qui tiennent l’esprit et le corps
On ne sait pas toujours pourquoi  
Mais parfois on quitte tout ça
Couplet 1 :
Écoutez-moi frères et amis 
Je viens vous dire que je m’en vais
Comme l’hirondelle vers le midi 
L'en empêcher elle en mourrait
Pardon ma mère, pardon mon père 
Mais vous savez bien mieux que moi
Même si les hommes sont solidaires
Chacun doit suivre sa propre voie
Refrain
Suis-je un de ces fils du vent  
Nomade d’instinct guitare au flanc
À la manière des troubadours 
Par mes chansons je vis d’amour
Couplet 2 :
Et toi ma femme qui ne veux suivre  
Ta destinée n’est pas le vent
Je partirai seul sans rien dire 
Laissant la place chaude à l’amant
Je vous laisserai mon peu de fortune  
Pour mes paroles et mélodies
Les braves gens me donneront la tune
C’est ma façon de gagner ma vie
Refrain 2
Couplet 3 :
Les sédentaires gardiens de frontières 
Je ne m’en vais pas pour faire la guerre
Mais regardez comment se meurt 
La Terre entière face à vos murs
Bien sûr qu’il y a des liens très fort  
Qui tiennent l’esprit et le corps
On ne sait pas toujours pourquoi
Mais parfois on quitte tout ça

Ma foi… ma voie !
Cliquez ici pour écouter Départ

arrangements: Alan Booth


L’Essénienne ? 




Une voie, un chemin très ancien…oublié ;  comme vivait cette tribu juive au temps de Jésus.
Ont-ils survécus ?  Oui,  par l’oubli de leur propre identité.
Hommage à la non affirmation d’appartenir à un clan,  vecteur de conflits depuis la nuit des temps.  En bref,  sortir du nationalisme...dans un premier temps:  être Européens...ensuite ,  peut-être Terriens...si  notre  Planète tiendra  le coup encore.  



Écoutez les amis un instant
J’ai trouvé le chemin éternel
Que nous soyons de simples mortels
Dans l’ensemble nous restons vivants

Je vous parle au nom du Tout Puissant
L’Homme ne peut agir en mesure
Qu’en chassant cet enfer du dedans
Pour « bien faire »,  il doit être pur

Que du fond de l’abîme où nous sommes
On puisse encore y trouver des hommes
Est la preuve de l’amour infini
De Celui qu’on appelle ainsi

J’ai le remède pour vivre longtemps
Suffit d’être dans le mouvement
Manger du frais et du vivant
Vous garderez toutes vos dents

Ce qui permet d’être souriant
Dilate le nez évidemment
Il faut que l’air entre en dedans
Et nous aurons l’air bien portant

J’évite de cuire les aliments
Avant de les prendre je les sens
Je recherche les vrais artisans
Le moins possible le tout-venant

Le lait de vache je le laisse aux veaux
Le sein de maman pour les poupons
Quant à l’alcool et le tabac
Faut être fol pour aimer ça

Méditation sans référence
Oublie l’ennemi c’est ta puissance
Esprit tranquille bien au repos
Permet d’agir sans confusion

Vibre dans le vent comme les saisons
Le vrai bonheur est au présent
Se manifeste alors l’Originel
De ton instinct qui te réveille

Et tu seras bien dans ta peau
Pourra aimer tout comme il faut
Quant à la terre pour les suivants

Vaut mieux mourir sainement

vendredi 17 mars 2023


Fiat lux

(Que la lumière soit)

Baie de St Jean Cap Ferrat, par un bel après-midi de septembre 86,

À bord du Coloba, au mouillage à un quart de mil des pins parasols.

« La Vie devant soi », roman de Romain Gary, serait peut-être bien ici,

L’amorce qui donna un sens que j’appellerai trente ans plus tard : « Mes paraboles ».

 

  Mon épouse Hélène est occupée dans la cuisine. Sur le bateau, pas de bonne comme à la maison.  Rien que nous deux, sans la turpitude des vacances d’été avec les enfants et les invités enthousiastes pour ces mini croisières entre la Corse et la Ligure.   Surtout la Ligure où les mômes sont rois. Sur la Côte d’Azur, ces petits bouts en croissance qui gesticulent dans tous les sens et débordent d’énergie, semblent moins appréciés par les seniors somnolents allongés sur les galets aux alentours de Nice.  Sur les plages italiennes, ça carillonne de rires juvéniles, Oui, sans pour cela être à l’âge de la retraite - et je plaide coupable –, j’avoue aspirer aussi au calme.  Propice à la rêverie par le bercement du yacht sur « la mer de Charles Trenet », mon regard flou remarqua soudain dans un petit brûle parfum, près d’un des hublots, une petite abeille qui semblait en mauvaise posture.  Sans doute cette clandestine fut attirée par les senteurs florales de cet objet, lorsque nous étions à quai quelques heures auparavant. Il ne faut pas être entomologiste pour deviner que la petite ouvrière à moitié groggy n’aurait jamais pu rejoindre la côte.  D’un coup, je sortis de ma torpeur et lui tendis mon doigt.  D’instinct savait-elle que cet humain ne lui ferait aucun mal, que c’était une question de survie ?  En tout cas, elle s’y agrippa, même le temps de la manœuvre pour descendre le zodiac à l’eau suspendu aux bossoirs à l’arrière, et durant le parcours pour rejoindre la berge.  Elle s’envolera à quelques brasses du rivage ; mais aussi sans doute grâce au soleil et ses précieux rayons UV pour retrouver sa vitalité. Les faux arômes de cet artifice de salon sans pollen, avaient certainement déboussolé et épuisé l’insecte presque moribond.   C’est vrai qu’entre la cabine ombragée du navire et l’annexe exposée à la pleine lumière de l’après-midi dans laquelle nous avions pris place pour rejoindre la côte, il n’y a pas photo ... De cette observation jaillira l’idée du « Phosomètre », médaille de bronze au 19ième Salon des Inventions et Techniques nouvelles de Genève en 1991.  Le titre de cet ouvrage : « Fiat lux », n’est pas sans raison. Nous y reviendrons, mais pour l’instant, c’est de « La Vie devant soi », une grande affiche du film avec Simone Signoret (madame Rosa) , aperçue sur la route de la moyenne corniche qui menait à Monaco, qui fut l’objet d’un pari.   La mère de mes enfants n’en démordait pas. Pour elle il s’agissait du roman de Martin Gray. 



vendredi 17 février 2023

Dollar


+

Oui,  la planète rugit dans tous les sens.  À Pittsburgh,  une  synagogue,  ce lieux de prières,  un fou - un de plus - assassine;  un avion "low-cost" de Ryan disparaît en Indonésie; démocraties en péril au Brésil et de plus en plus,  grands discours des décideurs: les marchands d'armes assurent quelques milliers d'emplois.  Comme toujours on tue pour subsister... (puisqu'on existe qu'aux travers des autres).      Dollar-dollar ?  Et je me retourne sur mon passé et parfois un souvenir me revient et me fait sourire .  Comme certains le disent:

"C'était le bon temps!" 

Départ du Dakar ...
Oui surtout
Dollars dollars 

Rugissant...?, Oui les moteurs aux centaines de CV, (pas le 40ième Parallèle aux continuels cinquante nœuds de vent ...Le Spirit of Sindbad s'y est frotté avec quelques blessures quand-même)  du départ dans les déserts  en  Amérique du Sud.   Je ne suis pas sûr que Thierry Sabine aurait vraiment apprécié ces départs outre-Atlantique.  C'était magique partant de Paris.  Enfin,  je suis un nostalgique de mon quatrième Paris-Dakar (1982)!  Voici un extrait de mes souvenirs ,  mais d'abord la chanson...  elle rime si bien avec  avec Dakar.

Un clic pour écouter la chanson

Dollars !  Dollars !

Dollar ! Dollars !   Dollars ! dollars !
Le Dow Jones monte et descend
Se pourfend en pour cent ;
Fait la pluie le beau temps
Dollars ! dollars

J’avais un rencart
Avec une belle qui n’fume pas
De plus végétarienne
Moi qui mange comme une hyène
Hormis les insectes !
On est plutôt charognard
Quoi c’est infect?
Mais nous vivons du trépas

Dollars ! Dollars  Dollars ! Dollars !
Le Dow Jones monte et descend
Se pourfend en pour cent ;
Fait la pluie le beau temps
Dollar ! dollars

Du sang et des cris
Défilent dans mon  esprit
Je vois des chevaux qu’on abat
Comme du vulgaire bois
À grands coups de masse
Par des hommes d’autrefois
Qui n’ont rien compris
Que voulez-vous que la bonne y fasse ?

Dollars ! Dollars !   Dollars ! Dollars !
Le Dow Jones monte et descend
Se pourfend en pour cent ;
Fait la pluie le beau temps
Dollar ! dollars

De la politique de l’autruche
Ressurgissent les extrêmes
Qui « nazisent » les « je t’aime »
Même si l’Euro les condamne
Ils dansent toujours dans la ruche
Du quartier de Notre dame
Les dollars te vaguent à l’âme
C’est une question de « How much ? »

C’est que du papelard
Soufflerait Gainsbar
Allumant sa gitane
Pour se cacher de ses fans
Mais en réalité cette timidité
Te mène sur le billard

Et j’oubliai la clop
Dans l’dernier « sex-shop »
Plus d’habit de cowboy
Qui me collait  à la peau
Mon Smith & Wesson
Jeté dans la Seine
Je partis comme un homme
Aimer Marie-Madeleine

-Quoi tu n’as pas de dollar ?
Me dit-elle au plumard
Hélas !, je n’suis pas Johnny
Et m’exilai tout petit
Et je pris la guitare
En pensant aux  dollars

C’est ici que finit cette histoire
Mais ce n’est qu’une histoire de dollars

Guitare-basse: Alan Booth ;
Guitare : Roland Kert ;
Piano : Rudy Mynaerts ;
Batteries :  Bob Darch

Extrait d'une conversation avec mon futur skipper, en 1987 à Port Vauban (Antibes).  Nous étions à la recherche d'un bateau pour aller porter secours aux boat people qui fuyaient les Khmers rouges.
  

-          Pour traverser le désert,  il te faut une bonne Range Rover bien solide,  pas une Ferrari qui s’enliserait ou une 2CV trop fragile.  D’accord, t’as pas l’intention de gagner une transat, mais il faut tout de même une certaine allure, ne serait-ce que pour t’éloigner d’un cyclone.  En général,  la météo nous informe, mais si ton bateau est trop lent, les chances de t’en éloigner  diminuent  fortement.

-          Là, je peux te le confirmer, j’ai  piloté une Range au 4ième Paris –Dakar en 1982 qui portait le n° 276.  C’est vrai, il n’y avait ni Ferrari ni 2CV, bien que celle-ci aurait des chances de passer. J’en ai tiré une terrible leçon de sagesse.


-  Comment ça ?  Ce ne serait pas plutôt une croisière de luxe pour quelques bourgeois en manque de sensations ?

On pourrait le voir sous cet angle, mais le peu de ce que j’ai connu de Thierry Sabine, le créateur,  ce n’est pas l’impression qu’il m’avait donnée.  Il me faisait penser à un prophète des temps modernes.  Une sorte de Jésus. Il voulait nous faire partager sa passion du désert.

-         La passion qui l’entraînera  dans un accident d’hélico, avec le chanteur Daniel Balavoine.

-         Oui,  l’année passée, 14 janvier 1986, au huitième Paris-Dakar.  Ils étaient cinq dans l’appareil qui s’est disloqué en heurtant une dune.  Aucun rescapé.  On aurait pu penser que ce drame allait mette fin  au rallye…, mais non…il a repris de plus belle encore cette année !   Je t’en prédis bien d’autres encore par la suite. C’est devenu une affaire de gros sous :   celui  des constructeurs de véhicules tout terrain, 4X4, motos, camions ; celui des médias également.  Cependant l’esprit qui plane sur les concurrents reste intact : une grande caravane en route, à la rencontre d’autres hommes.  À Dakar,  ils sont accueillis comme une   armée  libératrice.

-          C’est vrai  que  libérer quelques Sénégalais de leurs soucis quotidiens par cette distraction de riches, ne peut leur faire que du bien. 

-         Arrête !  On ne changera pas le monde.   Cependant, j’ai eu beaucoup de chance d’arriver.   La marche arrière nous avait abandonnés depuis le départ en Algérie -  la mauvaise idée d’avoir  tracté, en marche arrière,  un véhicule couché sur le flanc pour le redresser -, ce qui m’aura quand-même embarrassé au terminus,  sur la plage de Tiougoune,  près de Dakar, avec  la Range qui s’enlisera juste devant les officiels : officiers militaires et gendarmes,  en tenue d’apparat.

-         Comment as-tu fait pour te dépêtrer ?

-         Avec mon plus beau sourire embarrassé,  J’ai osé affronter une vingtaine de paires de sourcils froncés,  pour leur demander de bien vouloir pousser la Range qui n’avait plus de marche arrière.

-            Ils ne devaient pas être très contents dans leurs beaux costumes et leurs chaussures bien lustrées… et… ils l’ont fait?


-          C’est vrai que pendant quelques secondes, qui me semblèrent interminables, ils ne réagissaient pas  – Je regrettais déjà d’avoir osé formuler cette  requête à ces hauts dignitaires,   puis très nerveusement,  ils sont arrivés tout en bloc comme un seul homme, pour chasser l’intrus, ce 4X4, qui leur gâchait la vue de la parade de tous les participants qui allaient  défiler.   J’ai pu repartir pour me joindre au défilé, sans me retourner.  Je sentais quarante yeux furibonds regardant leurs chaussures un peu moins brillantes, à cause du sable projeté par les roues en me dégageant. 

Dollars dollars !  Poseur,  oui!    

Quand j'en avais, il y eut la jaguar, quand je n'eus plus (1990), il y eut la guitare pour les chanter.

Avec Hélène,  mon épouse au Parc de Bruxelles,  place Ducale 1986