samedi 20 avril 2019

Bien que Paris...m'avait un peu boudé...


Bref !  Je disais donc en mars 1989, je débarquais à l’aéroport de Nassau ;

Que je m’étais envolé loin de Bruxelles et de Paris, la tête pleine de nouveaux rêves, vers le Sud-Ouest, les Bahamas, pressé de rejoindre mon beau bateau, ohé ohé!  Oui, j’allais jouir enfin de l’instant magique de ces lieux paradisiaques; rasséréné après les derniers tracas dus à ma métamorphose du bourgeois, l’homme d’affaires sédentaire en artiste nomade ; pouvoir contempler, pourtant relativement éloignée au milieu du chenal, cette coque nacrée surmontée de son unique mât de vingt mètres oscillant calmement comme un balancier.  Soudain, une tête apparut brusquement au-dessus du cockpit.  Je reconnais la tignasse ébouriffée de Jean-Lou.  Moi qui suis tapi dans l’ombre des plantes tropicales qui abondent à cet endroit du rivage, il ne peut normalement me voir.  Cependant, bien avant que je manifeste ma présence, le voilà sautant dans l’annexe et, sans une hésitation, se dirige droit sur moi à vive allure.  Mystère que cet homme qui me surprendra toujours.   
  Quelques heures après, nous enfilerons palmes et tuba pour aller explorer par trente mètres de fond, un caboteur complètement réduit à l’état d’un bloc de ferraille.   Sa chaîne au mouillage s’était rompue et la furie des vagues le projetteront sur les brise-lames. Toute la nuit, paraît-il, les chocs sourds de la coque en acier se démantelant contre les rochers rythmeront dans un fracas infernal sans espoir d’aucune aide des insulaires impuissants.  En arrivant la veille au soir à la barre du Spirit of Sindbad, par quarante-cinq nœuds de vent, Jean-Lou s’étonna de constater ce cargo qui restait au mouillage à l’extérieur du canal plutôt qu’à l’abri dans le chenal protégé par les digues.  Six hommes d’équipage.  Un seul a survécu.  Il n’était pas à bord, mais au bistrot.  Eh oui, « Le bistrot, c’est la vie ! »   Le chien Dalmatien mentionné dans le premier chapitre, c’est dans cette traversée où, dès mon arrivée, après cette plongée en apnée, nous avions levé l’ancre pour voguer calmement vers la Floride.     En oubliant le 8, rue Brantôme du 4ième Ar. de Paris, près du Centre Pompidou, suite à la faillite de mon resto « Le Pacific Fruit et Music ».   Ma formule aurait dû conquérir le cœur des Parisiens.   Mais trop de grains de sable, dans le rouage de cette nouvelle entreprise, épuisèrent mes moyens financiers.  De plus, je venais d’être condamné à régler près de quatre-vingt mille nouveaux francs au Conseil du Prud’hommes au profit de trois musiciens haïtiens résidant à Paris qui devaient normalement animer le Pacific Fruits & Music.   Mais au préalable, il me fallait obtenir les autorisations de la Préfecture pour produire des orchestres sur scène qui arriveront trois mois plus tard.        Je ne comprendrai toujours pas cette sentence de justice, pourtant plaidée par Maître Albert, mon défenseur. Il n’y avait aucun contrat signé, juste d’attendre le feu vert administratif de la ville de Paris pour commencer leur prestation.  Très souvent ils partagèrent ma table en toute amitié ; Ils le savaient qu’il fallait attendre les autorisations de la Préfecture et de toute façon, ils étaient libres d’aller où bon leur semble, sans se sentir forcés de rester à ma disposition.  Derrière mon dos, ces sympathiques compagnons m’assignèrent.  Ego te absolvo chers amis haïtiens, mais aussi ce Tribunal.    Un commerçant Belge, devait-il casquer pour des pauvres Haïtiens ? J’en fus époustouflé.  Frustration totale ! Au bout de trois mois d’exploitation dans ce décor qui rappelait une cabane antillaise, où hélas !, manquait le charme d’un groupe jouant du zouk qui devait donner l’impulsion nécessaire au lancement du resto-cabaret, j’ai dû licencier les huit collaborateurs – cuisiniers, serveurs, barmaid-caissière.   Mes réserves étant épuisées, je fermerai les portes du Pacific Fruit et Music sans plus d’espoir. Ironie du sort, le jour même, où je confiais les clés à la dame de l’agence immobilière pour revendre le fonds de commerce, un policier vint m’apporter les autorisations! 
 « -  Non merci, cher Monsieur l’agent, je n’en ai plus besoin, je viens de fermer l’établissement. »
 J’y croyais encore…de pouvoir récupérer une certaine somme sur mon investissement de plus de deux millions de francs français.  Hélas !, après une année d’attente, pas un seul candidat à la reprise…Et vu le loyer exorbitant, le Pacific Fruits&Music sera finalement acculé à être la quatre-vingtième faillite dans ce quartier de l’Horloge annexé au Centre Pompidou.  Mauvais quartier ?  Peut-être!  Le drame de ces ajouts aux centres commerciaux, les loyers sont aussi chers, mais les clients restent au cœur même plus animé.   In fine adieu Paris ! 
Et, maintenant, après toutes ces années, que je couche mes soubresauts de mémoires encore intactes sur la Toile, comme disait Montaigne, ne sommes-nous pas les seuls responsables de nos actes ? Ne fallait-il pas mieux m’informer et être sûr de mon investissement, avant de me lancer tête baissée dans l’installation d’un resto-cabaret, aussi louable qu’était la formule d’aliments cent pour cent bio, en plein Paris avec des loyers quasi inabordables? 
Néanmoins, j’ai gardé de bons souvenirs.  Le salon de Jacques Dessange, mon voisin, est situé juste au-dessus du Pacific Fruit et Music.    Philippe, le gérant, malgré mon insistance, refusait systématiquement mon argent pour mes coupes de cheveux.   Encore si ce n’était qu’une fois où je m’étais incliné face à son argumentation, mais les deux fois suivantes, il tenait le même discours :

-  À Paris, on n’a jamais vu un commerçant offrir des cornets de glace à une colonie d’enfants.

- Oh tu sais, il ne m’a fallu qu’un petit clin d’œil et un appel du doigt !  Comment voulais-tu que je résiste à leur envie qui se lisait dans leurs yeux en coin, osant à peine tourner la tête vers moi ?  Ils avaient l’air si sages, si soumis aux ordres des deux monitrices qui leur criaient d’avancer sans s’arrêter devant ma charrette de glacier aux allures foraines et bien tentante.   Ce fut une explosion de joie dès que j’ai tendu le premier cornet.  Un spectacle qui valait bien plus que le prix de revient d’une cinquantaine de boules de crème vanille et chocolat. Magique !  

-  Oui, du salon, nous avions remarqué.

Philippe fait partie de ces personnalités qui me feront regretter Paris. Des années plus tard, alors que j’étais de passage à Paris et curieux de voir ce qu’était devenu le rez-de-chaussée où a vécu l’éphémère « Pacific Fruit et Music », j’eus le bonheur d’y voir à la place une supérette vendant des fruits et légumes. Question fruit, mon enseigne avait donc laissé quelques gènes. Le salon Jacques Dessange s’était déplacé à la rue de Rivoli, ce qui ne m’empêcha pas d’aller saluer mon ami Philippe.  Il me prend à part :

- Je ne comprends pas pourquoi tu as arrêté si vite le « Pacific Fruit et
Music » ?   Je te vois encore sur la scène avec ta guitare et ce défilé de mode de cette jeune créatrice de Liège de haute couture devant presque six cents Parisiens.   C’était le succès !   Cette date d’ouverture : le huit du huit quatre-vingt-huit (8-8-88), n’était-ce pas de bon augure ?

-  Oui, le minitel avait bien travaillé grâce aux nouvelles collaboratrices parisiennes.  Si tu voyais la facture !   Et tu dois bien le savoir, quand c’est gratuit, le monde afflue.

-          Non, ce n’est pas systématique, il y avait vraiment de la magie.  L’enseigne, le décor, ces jolis mannequins, ce groupe djembé qui t’accompagnait et ce décor de cabane antillaise avec toutes ces plantes exotiques.  Tout le monde semblait ébahi.

-  Mais ce que tu ne sais pas, c’est que le soir même la police est venue m’avertir qu’il fallait une autorisation pour la musique. Ils ont quand-même été sympas pour l’ouverture, mais je devais me mettre en règle, ce que je fis directement, croyant que cela prendrait quelques jours.  Ils me l’ont finalement apporté trois mois après.  Sans la musique, le concept n’avait rien de vraiment original : un resto comme tant d’autres ; bien que, à deux reprises, l’hebdomadaire du Figaro Magazine, dans leur rubrique gastro, nous congratula de la seconde place des meilleures tables dans le troisième et quatrième arrondissement.

-  Et tu avais du beau monde.  J’ai quand-même remarqué que Catherine Lara venait assez régulièrement avec d’autres gens du spectacle.

 - Affirmatif, elle appréciait la cuisine sur pierre, mais c’est aussi grâce à, Didier Pelletier, mon bras-droit, qu’elle connaissait personnellement.  Il avait participé à l’aménagement de son appartement à proximité.  De cette ouverture, j’en garde néanmoins un beau souvenir : ce fut pour moi la consécration d’une chanson « Ô Ville ! », présentée devant un public parisien.   Une de mes toutes premières compositions, où il m’avait toujours manqué une rime à « ville ».  Celle-ci me sauta aux yeux, vingt-deux ans plus tard, avec « Tchernobyl » quand explosa leur centrale nucléaire le 26 avril 1986.


Ô Ville !




Arrangements: Jean-Marie Dorval

Dans une ville de fracas où les chantiers battent
Le rythme des vies qui viennent et qui partent
Sous un ciel enfumé que percent des sirènes
D’ambulances folles, d’ambulances trop pleines
Pour faire face aux buildings, les petits toits des logis
Veulent tenir bon mais craquent sans oraison

Refrain :

La ville se transforme et nous transforme
La ville change son cœur de pierre
La ville voudrait devenir énorme
La ville s’écoule vers une autre ère

Dans cette ville de fracas qui trop tôt nous réveille
On n’a plus besoin de réveille-matin
Des grues gigantesques nous tirent du sommeil
Et nous lâchent pêle-mêle aux ingrats lendemains
Les bosses et les fosses que l’on côtoie
Ressemblent à des tombes il ne manque que les croix

Dans cette ville de fracas de travail éternel
L’orgueil va bon train dans ces tours de Babel
On y chasse la nature à grands coups de pioches
On y chasse la vertu à grands coups dans les gosses
On y prend son parti se croyant libéré
Mais la pleine liberté c’est surtout d’être entier

Les besoins de la ville non contente des hommes
Pour jouer au Soleil s’en est prise à l’atome
Cette ville de lumière,  nucléaire débile
N’a-t-elle rien compris après Tchernobyl ?
C’est aussi dans cette ville au service de Caïn
Que l’on dit à Dieu : « Non !  Retourne d’où Tu viens ! »

Epilogue :

Ô ville, cité d’autrefois, quelle que soit ta culture
Les rires d’enfants résonnaient dans l’air pur
Ô ville, toi qui servais la vie et protégeais nos filles
Déterminais si bien la tâche et le maintien
Délimitais tes droits à de simples murailles
Ton cœur avec le nôtre battait dans tes entrailles



".../...On y prend son parti se croyant libéré
Mais la pleine liberté,  c'est surtout d'être entier.../... "

 En musique,  bien sûr !   



Il y a un demi-siècle que j’avais créé cette chanson  « Ô Ville ! » -  je pensais déjà à la pollution,  mais il me manquait une rime qui me vint d’un coup lors de la catastrophe de Tchernobyl en 1986.  et voilà :



Ô ville!





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Arrangements: Jean-Marie Dorval

lundi 15 avril 2019

Le voile

Notre Dame de Paris, ce 15 avril 2019

Elle pleure, elle pleure la Dame qui s’embrase…Et pas qu’elle hélas !, le monde aussi !   Mais vu du ciel, cette croix de flammes, qui illumine et réveille la cité endormie, qui rappelle l’Histoire de notre ère en cette veillée de Pâques en souvenir du Fils de l’Homme sacrifié, allons-nous prendre enfin conscience, ici mieux qu’ailleurs dans cette ville des lumières ?  

Les cathédrales , comme nos  démocraties, même si elles furent conçues par des maîtres,  il est grand temps de les restaurer. Ainsi vient le génie des hommes qui s'unissent face aux coups du sort, le feu,  un incendie... et se réaffirment soudain pour reconstruire mieux encore.   Je pense  au réconfort d’un Goethe :

« Dès le moment où l’on s’engage pleinement,  la Providence est également en marche pour nous aider à mettre en œuvre  toutes sortes de choses qui sinon n’auraient jamais eu lieu.  Tout un enchaînement  de situations et de décisions en notre faveur,  toutes sortes d’incidents imprévus,  des rencontres et des aides matérielles que nous n’aurions jamais rêvées,  rencontres sur notre chemin.  Tout ce que tu peux rêver de faire,  tu peux l’entreprendre.  L’audace renferme en soi le génie. (copie d’un  extrait du livre « Heureux les Simples » de  Jean-Marie Pelt)

Et ce n'est certainement pas le meilleur moment pour rappeler cette chanson écrite à Paris en 1988 lors de la polémique du voile dans les écoles. 



Un clic sur ce lien pour écouter la chanson

Arrangements :  Alan Booth

Je  suis l’enfant d’un pays franc !

Je lève le voile des idées noires,  dissipe ainsi tout le brouillard.
À visage frais et découvert  mes yeux regardent la lumière
Perception vraie, action réelle ; sciences nouvelles  je m’émerveille !
Ici j’apprends pour entreprendre.   Encore enfant que l’on m’entende.

Dites moi pourquoi, pourquoi tout ça
Au nom des dogmes, au nom du Droit,
Je vois partout guerres et misères :
C’est plus la terre,  mais un traquenard.
Mon vrai visage n’est pas l’image
Des anciens mages rivalisant.
Je suis l’enfant d’un pays franc
Et serai maître de mon destin.

Je lève le voile des idées noires  et suis les voies de l’Univers
Dans cet élan, j’oublie frontières  et veux comprendre tous les mystères.
Un jour un sage me murmura, qu’il faut des lois et religions
Pour protéger populations,  mais sans excès et sans émoi.

Alors dites moi pourquoi, pourquoi tout ça,
Au nom des dogmes, au nom du Droit,
Je vois partout guerres et misères :
C’est plus la terre,  mais un mouroir
Mon vrai visage n’est pas l’image
Des anciens mages rivalisant.
Je suis l’enfant d’un pays franc
Et serai maître de mon destin.

Je mets le voile pour ne plus voir autour de moi tout ce cafard.
Dis-moi, homme sage, pour cet enfer,  n’y-a-t-il donc rien à y faire ?
Petit enfant ne sois pas triste.  Écoute en toi couler la vie ;
Et trouve en toi l’Originel de ton instinct qui te réveille.

Et comme un rêve, loin des soucis
Au fond des temps,  loin dans la nuit,
Je mets le voile sans dévotion sur les tabous et religions 
Mon vrai visage n’est pas l’image des anciens mages rivalisant.

Ce monde nouveau, je veux le faire sans aucun voile, ni de frontière. 
Mais le vieil homme et la mer ...trente ans auparavant,  se rappelle 


Le Spirit of Sindbad est au mouillage dans le canal qui départage la capitale des Bahamas, face au Club Med, notre point de rencontre.   J’arrivais d’Orly la veille au soir et donc impossible dans l’obscurité de trouver le bateau.  En plus, pas moyen de pouvoir loger dans le village des gentils organisateurs (les GO) -, finalement pas si gentils que ça - pour me trouver juste une petite place pour la nuit. Je pensais donc dormir à la belle étoile sur la berge, et dès les premières lueurs, scruter les navires au mouillage. Mais cela me fut fortement déconseillé si, au matin, j’espérais me réveiller sans avoir été dépouillé de mes affaires.   Un taxi me conduira dans le premier hôtel à proximité. Nuit très intéressante, car j’avais pu griffonner une nouvelle chanson « La Vie après la mort, c’est vraiment l’aventure ».   Dans l’avion, j’avais parcouru un article concernant les enquêtes criminelles :  des Macabées découverts dans les bois grâce aux insectes. Moins d’une semaine auparavant, nous avions enterré mamy, notre grand-mère paternelle, éteinte à quatre-vingt-sept ans.  À ma demande, mon père, son fils unique, placera cette épitaphe :
« Une grand-mère portugaise enterrée ici,
C’est un peu la pureté du Portugal en terre brabançonne »

Elle devait normalement se faire incinérer, mais sous mon insistance    sera inhumée au cimetière de Wavre.  Quelques lectures avaient sérieusement conforté mes propres convictions quant à la suite à donner à notre corps après le trépas (oui, un passage),  notamment les ouvrages de Konrad Lorenz, zoologiste autrichien, prix Nobel de Physiologie et médecine en 1973, et du naturaliste Théodore Monod.  J’ai vraiment eu l’impression que de l’au-delà mon aïeule m’avait soufflé ces mots :

La Vie après la mort c’est vraiment l’Aventure
(Pas encore enregistrée)

Quand Jésus passa là, expliquant toute la vie,
Mais les hommes trop gourmands n’ont pas bien compris.
Ils le mirent sur la croix, inventant une foi ;
Refoulant leur instinct.  Pourtant bonne thérapie !
Écoutez les vivants qui me croyez déjà mort.
J’ai encore dans le corps des milliards d’êtres forts (ADN),
Qui préparent leur voyage emportant leur trésor,
Par l’insecte ou bien l’eau comme moyen de transport.
Refrain :
La Vie après la mort, c’est vraiment l’aventure !
Ne me mettez pas en boite isolé de la terre.
Si vous ne pouvez pas, jetez-moi à la mer.
Surtout ne me brûlez pas !  C’est peut-être l’enfer.

Il y en a qui s’en vont se cacher des vivants ;
Disparaissent dans les airs ou au fond des océans.
Ceux qui se sont sauvés, voyant ces enterrements,
Ont préservé leur corps de ces commerces florissants.

En lisant l’évangile de cet homme sur la croix,
Paraît-il que jamais on ne retrouva son corps.
Symbolique ou non ça conforte ma foi,
De protéger ma chair même après ma mort.

Refrain …

Il est clair que cet air n’est pas très romantique.
À mon corps défendant ça me vient de l’inconscient.
Ah, cette plume qui défie les coutumes!
Si l‘idée n’est pas bonne, que les dieux me pardonnent.

Qui voudrait que sa fin soit une longue agonie ;
Trépasser en souffrant ou pire encore par ennui ?
Finalement, je préfère tomber face aux fusils.
Vaut mieux mourir vivant que vivre mort en sursis.

Refrain…

Mais encore bien vivant ici-bas je peux dire :
Le but de ce chant   a pour but de faire rire.
N’est-ce pas ce qu’il y a de mieux pour le bien des mortels?
Qu’on l’entende en tout lieu   et devienne une   ritournelle!

Mais quand dans l’au-delà débarquera mon âme,
Trouverais-je la réponse à ces lois qui condamnent
Les élans les idées survolant les frontières
Des États languissants qui perturbent la terre


Ces États…Ces États !!!
Et nos décideurs dans tout ça ?

Font-ils bien ou mal? Accabler l’un, faire l’éloge de l’autre. Qui peut le définir ?  D’après Dante, pour définir ce qui est Bien, il faut connaître le Mal ; casse-tête pour nos législateurs.  Quelle est la ligne de conduite idéale ?  Encore qu’en politique, selon Machiavel, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.  

Me voilà donc pour ce premier réveil aux Bahamas à la recherche de mon bateau, que j’aperçois finalement assez éloigné au milieu du canal.    Pour m’en approcher, je longe la berge sur deux ou trois cents mètres pour être plus ou moins juste en face, bien qu’il soit toujours à plus d’un quart de mille du rivage.   Je m’installe calmement sous un cocotier, quitte à passer la journée, pour contempler à la jumelle le cotre pour la première fois dans son élément : la mer, - plus sur un ber à sec dans un chantier bruyant -.  Là, au milieu de ce qui ressemble à un long fleuve tranquille, le Spirit of Sindbad semble sommeiller.  Instant magique que pouvoir contempler mon beau vaisseau.

 Enfin, il allait me porter vers ces horizons lointains qui me rappellent ce poème de Victor Hugo :

Océano Nox

Oh !  Combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines
Dans ce morne horizon se sont évanouis !

Combien ont disparu, dure et triste fortune
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l’aveugle océan à jamais enfouis !

Combien de patrons morts avec leurs équipages !
L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages
Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots !

Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée.
Chaque vague en passant d’un butin s’est chargée ;
L’une a saisi l’esquif, l’autre les matelots !...

…Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
Ô flots, que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir quand vous venez vers nous !

Toi, le poète qui sensibilisa ce 19ième Siècle, visionnaire, prophète!
Ta mémoire, ta pensée gravée sur la face sud de la colonne, érigée à ta mémoire, sur la morne plaine de Waterloo, face à la butte surplombée du Lion regardant la France.
Un jour viendra Où Il n'y Aura Plus
d'Autres Champs De Bataille Que
Les Marchés s'Ouvrant Au Commerce
Et Les Esprits s'Ouvrant Aux Idées
(Paris 22 août 1849,  discours au Congrès de la Paix)

Hélas, nous savons, qu’au 20ième Siècle, ce furent des champs de batailles pires encore !         En calquant la cadence et les rimes d’Océano Nox, voici un pamphlet au secours des « Gilets jaunes ».    D’accord, ça n’apportera pas encore la réponse : « du pourquoi la politique est-elle seule à décider de tout ? »  Justement la grande polémique qui ébranle la France tous les samedis depuis trois mois !
 

« On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensées qui les ont engendrés », (relativisait Albert Einstein).



Politico-Nox

Oh !  Combien de thèses, combien d’hypothèses
Qui sont parties joyeuses pour qu’on soit plus à l’aise,
Dans ce morne inconscient, se sont endormies !

Combien ont disparu, dans une triste cellule,
Suite à des débats houleux, mais entourés de bulles,
Sous d’aveugles convictions à jamais enfouies !

Combien de lettres mortes avec tant de messages,
L’ouragan des avis a chassé toutes les pages
Et d’un souffle il a tout chamboulé dans le lot !
Nul ne sera assez fin pour comprendre liberté.
Chaque achat, sans merci, obligera à travailler,
L’un pour le crédit, l’autre pour les impôts !...

…Où sont-ils les malins sombrés la nuit dans les bars ?
Suppôts de Satan qui soufflent les bougies de l’espoir,
Dans les bistrots redoutés des maires en courroux,
Vous leur envoyez des policiers armés,
Et c’est ce qui nous fait ces lois désespérées
Qui obligent le peuple à souffrir à genoux.

Oui, trouver un nouveau mode de pensée en politique, me semblerait une bonne idée. Mon souhait ?  Que les décideurs soient des hommes hors du commun, des stoïciens en quelque sorte.  L’instauration des lois ne devrait-elle pas jaillir de cerveaux en symbiose avec la nature, avec tout le règne du vivant, à l’abri de l’influence de la grande Histoire humaine, parsemée d’erreurs.  Sans tomber dans la dictature, il me semble que la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et justice), garante de la démocratie, est loin d’être suffisante si les élus ne sont que le reflet de populations affaiblies à la merci du consumérisme à outrance.  Déjà quant à la question de la façon de nous nourrir, mais aussi, ce que je trouve déplorable et fragilise la position gouvernementale, c’est que l’Opposition est là continuellement à critiquer toutes les décisions prises… et ainsi ne fait qu’accentuer le trouble.  Évidemment, nous l’espérons tous - ce que nous chantent les ténors à la recherche d’électeurs -  nous rêvons d’un Gouvernement attentif au bien-être des citoyens !   Oui je prône pour des décideurs stoïques, atteignant dès lors cette capacité d’éveil qui leur permettraient de prendre les bonnes décisions dans l’intérêt général.

Pour rappel, le stoïcien, un sage qui met son comportement en pleine conformité avec l’ordre naturel.

dimanche 14 avril 2019





PR. la veille, j'avais écris: 
Rien, ni personne ne pouvait me faire changer d’idée, la chanson primait et il me fallait un homme en permanence à bord du Spirit of Sindbad… à ma place…et cet homme a effectivement pris ma place …de maître à bord.  Cependant: 

Parfois de grosses bagarres éclataient.  L’une d’elles mérite d’être racontée, car elle m’a permis de clôturer cette chanson « Schyzomarine ».  Inutile de chercher ce mot.   Il n’apparaît pas au dictionnaire. (Avis aux Académiciens).

« Aux marins solitaires
Qui ne veulent que les étoiles
Pour sillonner les mers
Est-ce bien normal
Il y en a des milliards
Et chacune un grand phare
Envoyant le message
Ensemble les grands voyages…/… 


NB. Je ne la ferai pas écouter, car ne n'apprécie pas du tout les arrangements style samba que mon ami Jean-Marie Dorval a réalisé, même si c'est moi qui chante. J'imaginais plutôt une complainte lente comme je lui avais pourtant présenté à la guitare. Hélas, tout était en place au studio d'enregistrement et ainsi s'effritera dans l'oubli  une oeuvre à laquelle je croyais.   


Nous avions accosté dans une des nombreuses marinas de Miami en ayant vogué très calmement par manque de vent, finalement au moteur à cinq nœuds à travers les Caraïbes.  On venait des Bahamas, de Nassau plus exactement, où Jean-Lou et Céline, sa nouvelle compagne, m’avaient attendu.  Mais à peine au Stades  que cette dernière s’enfuit dans le premier avion pour rejoindre son père à Saint Martin.  J’avoue l’avoir un peu aidée en ayant cédé à sa supplication pour l’achat du billet.
On peut deviner dès lors l’humeur exécrable de Jean-Lou vis-à-vis de moi, qu’il suspectait de ma complicité à ce départ.

«  -Sorry,   mais j'avais pitié de la voir malmenée par le rustre que tu es, qui n'hésitais  pas à la gifler et  qu'elle avait  un besoin impérieux de se réfugier chez moi!"


 Aussi il profitait de  la moindre occasion pour  me chercher des noises.  Tout à éclater vraiment quand je ramenai un petit frigo d’appoint au bateau pour remplacer les glacières qui m’obligeaient à faire régulièrement la navette pour stocker des pains de glaces. En naviguant sous les Tropiques, la chaleur est supportable, mais à quai dans une marina un peu de fraîcheur, matérialisée par une bonne bière, est la bienvenue. Nous disposons ici d’une borne électrique.  Pourquoi s’en priver? Après l’expérience de mon précédent Yacht, le Coloba, super équipé en réfrigération qui nécessitait continuellement une grande dépendance en électricité en me raccordant systématiquement aux prises du port pour éviter de mettre le groupe électrogène relativement bruyant la nuit, j’avais accepté l’idée, émise par Jean-Louis de naviguer comme autrefois sans frigos.  Juste deux panneaux solaires pour alimenter les batteries nécessaires aux instruments de navigation et du minimum d’éclairage pour les cabines et feux de route.  Il hurle carrément en vociférant qu’avec mes 100 $ dépensés, on aurait pu racheter de nouveaux bouts.  En général ses crises glissent sur la carapace de mon indifférence et je m’enferme dans ma cabine pour lire ou écrire.  Mais cette fois, à peine installé, j’entends des coups de marteau.  Carrément, il est occupé à clouer la porte pour m’empêcher de sortir.    « - Ainsi, cela t’empêchera d’aller acheter n’importe quoi ! ».  Ma réaction ne se fit pas attendre, dans ma soudaine colère qui décupla mes forces, j’enfoncerai la porte d’un terrible coup de pied et nous en arrivons aux mains.  Mais là, est-ce la violence de la porte en éclat qui le calma où cette injonction de le virer du bord définitivement, le colosse deux fois plus fort que moi pourtant, réalisa-t-il qu’il avait dépassé les bornes ?, le voilà tout docile, secoué de rires nerveux en préparant son baluchon pour quitter le navire… et flash, mon inspiration d’un coup :
 « - Tu permets un instant, j’ai quelque chose à écrire »  
Illico me voilà dans ma cabine (sans porte) … vite mon   stylo et tracer le dernier couplet, que je ne trouvais toujours pas,  pour clôturer enfin cette chanson « Schyzomarine » :

…/… Et quand vient le moment
De se quitter vraiment
Chacun se découvrant
Un peu trop différent
Prenant l’air rigolo
Pour cacher les sanglots
Sur le quai sac au dos
On repart à zéro. 


Certainement là mes amis je n'avais pas tout faux en prenant possession du commandement du navire, seul maître à bord.  Mais le fou, l’illuminé qui croyait à ses chansons, souhaitait revenir presto en Belgique ...retrouver ses partenaires musiciens pour enregistrer la dernière création. Et je repris Jean-Lou qui traînait toujours dans la marina.  Nous voguerons vers le Sud, longeant les Everglades   jusqu'à Key Largo, et sortirons le Spirit of Sindbad de l'eau, qui avait besoin d'une nouvelle couche d'antifooling. J'en profiterai pour faire un saut à Bruxelles.  Grave erreur!  La Céline, s'était rendue compte d’être enceinte et rappliqua de St Martin...Le couple réconcilié repartira sans m'attendre vers le Costa Rica.  Et mon bateau, ma seule richesse, disparaîtra encore une fois.  Tout ça parce que je croyais à mes chansons.  Elles m'ont complètement ruiné.  Cette année, il me sera même interdit de lire Tintin, car je franchirai la barre des soixante-dix-sept ans.  Bref, si je ne peux même plus lire Tintin...quel avenir!  

Évidemment,  ce dernier avis est aussi tout faux,  puisque dans quelques heures mes petits-enfants, Alexis et Manon viennent passer quelques jours de vacances de Pâques ici à la Côte d'Opale avec moi où je séjourne pour l'instant.    De la joie, des rires d'enfants...des regards qui s'émerveillent!  Que demander de plus pour que  ce vieil homme et la mer soit heureux.    






samedi 13 avril 2019




Ça s’en va et ça revient…
Hélas que dans ma tête…cette chanson :
 « Un homme c’est naturellement bon ».


C’était un dimanche après-midi ensoleillé de juin 1987.    Assis sur le seuil face au jardin, je gratte quelques accords en arpège sur ma guitare sans recherche particulière pour jouer une quelconque mélodie, quand soudain, sur un Do majeur, cette phrase s’y glisse tout naturellement. 
 « Un homme, c’est naturellement bon »
 Pour enchaîner sur un Sol septième suivi d’un La mineur … Ainsi naquit cette chanson qui rappellera la philosophie d’un Jean-Jacques Rousseau…mais pas seulement lui.  Au « Contrat social », j’avais ma petite idée.   Pour accéder à ce stade ne fallait-il pas penser d’abord à notre façon de nous nourrir?

Je mangeais cru depuis quelques jours au grand désarroi d’Hélène, mon épouse qui, toute perdue de ce fait, espérait peut-être plus d’attention.
« - J’ai besoin d’être prise en charge », me souffla-t-elle.
 Hélas,  absorbé par cette nouvelle mélodie,  ma réponse n'était pas vraiment celle qu'elle espérait: « -  mais écoute ceci, c’est magique ! »  Et je ne pris garde.  Son bon docteur planait déjà dans sa tête.
Je peux dire que c’est à cet instant précis que ma vie a complètement basculé : ma femme, mes enfants, mes affaires, tous mes biens matériels…Oui, je quitterai tout cela …Et bien sûr, j’avais tout faux !

  Oui, le plus important, en 1987, c'était cette chanson.  Tout partait de l'unité du « un », car dès que ce chiffre est dépassé, comme le chantait Georges Brassens dans « Le Pluriel ne vaut rien au genre humain …à plus de quatre…une bande de cons », (oui, et je précise, dans ma chanson, qu’à deux, c’est déjà différent...)  Cependant, c’est en découvrant les théories du physicien Guy-Claude Burger dans son livre : « La Guerre du Cru » où il propose une alimentation naturelle sans jamais de cuisson que l’Homme retrouverait son instinct originel et, partant, sa véritable nature d’être bon.  Le cerveau c’est comme un moteur, il lui faut le carburant adapté, sinon il a des ratés. Mais loin de moi d’aller croire à l’isolement total comme un ermite.  Bien sûr qu’une cohérence sociale est nécessaire !  L’éthique du bien faire se portera d’autant mieux par ce qui est bon d’être, selon le philosophe canadien Charles Taylor que me fait découvrir ce grand sage bouddhiste Matthieu Ricard.  La personne ne peut exister sans l’autre.  « …Ensemble, des hommes c’est beau », la finale de cette chanson. 
Mais…reprenons- la au début :


« Un Homme, c’est naturellement bon ! »
(Avec la guitare de Francis Goya)


Un homme, c’est naturellement bon

Deux hommes c’est déjà différent
À trois commencent les chuchotements
Quatre hommes peuvent devenir inquiétants
Pourtant un homme, c’est naturellement bon
Un homme c’est naturellement bon

Deux hommes, c’est déjà différent
À deux, ils se prennent pour quelqu’un
Ici, commence l’anonymat
Qui fait des autres des forçats
Pourtant un homme, c’est naturellement bon
À deux, c’est déjà différent

À trois commencent les chuchotements
Majorité, minorité !  Vous voilà
Malheur qui transgressera les lois
La force n’est pas dans l’isolement
Un homme seul n’a jamais raison
À trois commencent les chuchotements

Quatre hommes peuvent devenir inquiétants
Le droit exalte les passions
Éclate en combat de mille ans
Ces guerres abattent les sentiments
Ici on tue sans émotion
Des hommes naturellement bons

À cinq, en comptant par milliard*
Cinq milliards d’hommes seuls dans le brouillard
Qui cherchent sans trop bien le savoir
La flamme qui redonnera l’espoir
Qu’un homme c’est naturellement bon
Un homme c’est naturellement bon

Mais quand les fléaux de la terre
Surgissent comme des cris de colère
S’éveillent soudain des hommes nouveaux
Des hommes qui feront ce qu’il faut
Ils redeviennent tous solidaires
Ensemble des hommes c’est beau

* En 1987, nous étions cinq milliards de Sapiens.  

Je suis alors dans un état second, une douce folie sans doute.  De cette illumination, un mois plus tard pendant les vacances, à bord du Coloba amarré à Port-Grimaud, en quelques minutes, sans la moindre hésitation, sans changer ni une note, ni un mot, jaillira « L’Essénienne ».  C'est une route, un itinéraire à suivre comme on aurait pu dire : la Francilienne ou la Nationale 7 qui vous conduit à votre destination : une bonne santé.      Il est question de quelques conseils basés sur le mode de vie des Esséniens, cette tribu juive disparue depuis deux millénaires. Certains supposent qu’ils seraient les premiers chrétiens. 

L’Essénienne

Un clic sur ce lien pour écouter cette chanson
arrangements grâce à Jean-Marie Dorval

Écoutez les amis un instant, j’ai trouvé le chemin éternel,
Que nous soyons de simples mortels, dans l’ensemble nous restons vivants.
Je vous parle au nom du Tout Puissant, l’homme ne peut agir en mesure,
Qu’en chassant cet enfer du dedans.   Pour bien faire il doit être pur.
Que du fond de l’abîme où nous sommes,
On puisse encore y trouver des hommes,
Est la preuve de l’amour infini de Celui qu’on appelle ainsi.

J’ai le remède pour vivre longtemps, suffit d’être dans le mouvement
Manger du frais et du vivant, vous garderez toutes vos dents.
Ce qui permet d’être souriant ; dilate le nez évidemment
Il faut que l’air entre en dedans, et nous aurons l’heur bien portant.

J’évite de cuire les aliments.  Avant de les prendre je les sens.
Je recherche les vrais artisans, le moins possible le tout-venant.
Le lait de vache je le laisse aux veaux
Le sein de maman pour les poupons
Quant à l’alcool et le tabac, faut être fol pour aimer ça

Méditation sans référence, oublie l’ennemi c’est ta puissance.
Esprit tranquille bien au repos, permet d’agir sans confusion.
Vibre dans le vent comme les saisons ; le vrai bonheur est au présent.
Se manifeste alors l’Originel de ton Instinct qui te réveille.
Et tu seras bien dans ta peau, pourras aimer tout comme il faut.
Quant à la terre pour les suivants, vaut mieux mourir sainement.

Rien, ni personne ne pouvait me faire changer d’idée, la chanson primait et il me fallait un homme en permanence à bord du Spirit of Sindbad… à ma place…et cet homme a effectivement pris ma place …de maître à bord.