dimanche 7 juillet 2024

 

Et si on n’en faisait pas qu’un fromage...

  L’avenir des nations dépend de la façon dont ses peuples se nourrissent

Cette citation de Brillat-Savarin, écrite, il y a plus de deux siècles, avait particulièrement retenu mon attention, à mon époque boulimique de savoir, de comprendre le « Pourquoi la maladie ? » ...Je dévorais alors, avec bien sûr la naïveté de l’ignare en médecine, tout ouvrage traitant de la santé qui me tombait sous les yeux.  In fine, la question alimentaire m’ayant semblé plus élémentaire que toutes les autres, à l’affût du moindre indice, tel le limier cherchant son coupable, « La Physiologie du Goût » de ce grand érudit de la gastronomie accrochera mon regard parmi les nombreux ouvrages traitant le sujet.
 P.R. Le diagnostic de l’oncologue pour la mère de mes enfants : « deux à trois ans...à moins d’éliminer la cause », m’avait frappé de plein fouet.
  Pour celle, liée à ma vie : mes projets, mes ambitions ma famille, fou de douleur à l’idée de la perdre, m’avait certainement boosté mes quelques neurones endormis du petit bourgeois prospère vivant dans sa suffisance matérielle et relative... Ma psyché en pleine métamorphose, avec l’aide de ma guitare, cette chanson jaillit comme un espoir à communier l’infinie miséricorde du Monde.

  Pour nous simples mortels, cette complainte écrite déjà  trente-trois ans auparavant, avec, un peu plus tard, la collaboration de Jean-Marie Dorval pour les arrangements musicaux. 

                                L'Essentielle 

                                          clic sur ce lien pour écouter cette chanson


Écoutez les amis un instant
J’ai trouvé le chemin éternel
Que nous soyons de simples mortels
Dans l’ensemble nous restons vivants

Je vous parle au nom du Tout Puissant
L’Homme ne peut agir en mesure
Qu’en chassant cet enfer du dedans
Pour « bien faire »,  il doit être pur

Que du fond de l’abîme où nous sommes
On puisse encore y trouver des hommes
Est la preuve de l’amour infini
De Celui qu’on appelle ainsi

J’ai le remède pour vivre longtemps
Suffit d’être dans le mouvement
Manger du frais et du vivant
Vous garderez toutes vos dents

Ce qui permet d’être souriant
Dilate le nez évidemment
Il faut que l’air entre en dedans
Et nous aurons l’air* bien portant

J’évite de cuire les aliments
Avant de les prendre je les sens
Je recherche les vrais artisans
Le moins possible le tout-venant

Le lait de vache je le laisse aux veaux
Le sein de maman pour les poupons
Quant à l’alcool et le tabac
Faut être fol pour aimer ça

Méditation sans référence
Oublie l’ennemi c’est ta puissance
Esprit tranquille bien au repos
Permet d’agir sans confusion

Vibre dans le vent comme les saisons
Le vrai bonheur est au présent
Se manifeste alors l’Originel
De ton instinct qui te réveille

Et tu seras bien dans ta peau
Pourra aimer tout comme il faut
Quant à la Terre pour les suivants
Vaut mieux mourir sainement

*l'heur...le langage populaire prend souvent  la relève ... plus adapté avec l'air

  Hélas, avec les trois décennies qui suivent, et maintenant la sagesse du grand âge et  constater  l’évolution du « Vivant » en sursis de notre très chère Terre, à la merci de la folie des hommes, oserais-je préciser que c’est l’avenir de la Planète - et pas que celle des Nations - qui en dépend ...de comment nous nourrir...et toute  l'industrialisation qui en découle.

jeudi 4 juillet 2024

 

Une précision s’impose quant à cet extrait de mon blog du 23 juin dernier :

.../... « La Vie devant soi », roman de Romain Gary, serait peut-être bien ici, l’amorce qui donne un sens que j’appellerai trente ans plus tard : « Mes paraboles » .../...

Il s’agissait de cette anecdote : la petite abeille qui retrouvant sa vigueur grâce aux rayons du soleil, quittera mon doigt et mon dinghy pour s’envoler vers la terre ferme des fleurs et des pins parasols de Saint Jean Cap Ferrat, en fin septembre 1986... Delà germât l’idée du « Phosomètre » (cette montre-bracelet qui fut gratifiée, en 1991, d’une médaille de bronze au 19ième Salon des Inventions et Techniques nouvelles de Genève).   S.V.P, prière de revenir à mes états d’âme « internautés » de deux jours plus tôt (2/07/24) :   ma visite chez les ingénieurs hongkongais en 1987 pour présenter cette maquette.   Mes lecteurs bienveillants - que je remercie d’ailleurs - auraient parfaitement raison de me rétorquer que j’aurais pu y retourner alors avec mon diplôme de Genève sous le bras pour mieux les convaincre.  Mais, chers amis, c’est ici, que les Romains s’empoignèrent ...et que d’eau de 87 à 91 coula sous le pont du Spirit of Sindbad.  Pour la petite histoire, avec un certain Jean-Louis Buclain qui me mènera (manipulera, serait plus exacte) des Antilles jusque dans les mers australes de la Mélanésie. (Oui fin 87, j’avais troqué mon Coloba, motor yacht idéal pour la Méditerranée, que je barrais sans besoin d’assistance, en tout harmonie avec mon épouse et mes enfants à bord, pour un voilier hauturier prêt à franchir les océans. L’aide d’un marin expérimenté m’avait semblé plus sage, comme me l’avait conseillé ma chère Hélène par téléphone...elle de Bruxelles et moi à Antibes – nous venions de nous séparer...et, pas que... ma douleur me poussa vers le large, d'îles lointaines aux Antipodes. En 87, je vois à la télévision Bernard Kouchner plaidant la cause des Boat peoples vietnamiens qui fuyaient les Khmers rouges. Jean-Paul Sartre, Raymond Aron, Simone Signoret et Yves Montand étaient présent sur le plateau de la chaîne.  Il était question de récolter des fonds pour le navire-hôpital « Ville de Lumière » ; et me suis dit alors : pourquoi pas moi, en plus avec un bateau pour aller au secours de ces familles en exil et à la dérive?

.../...Les flots tumultueux ne sont pas les seuls ennemis

Tapis dans la mangrove, guettent des pirates thaïs

L’océan et les hommes se partagent les corps

Le commerce des femmes va bon train dans les ports.../...

La question de mes périples en mer, nous y reviendrons plus tard.  Pour l’instant, c’est de « La Vie devant soi »,  qui est aussi le titre d’un nouveau film (1986) à l’époque, avec Simone Signoret à l’affiche. Affiche que nous remarquerons, mon épouse et moi au détour d’un virage de la Moyenne Corniche nous menant vers Monaco.  Bien qu’à bord du Coloba, nous ne manquâmes de confort, mon épouse adorait, de temps en temps, se plonger dans une baignoire remplie d’eau légèrement chaude et mousseuse d’une suite d’un des palaces de la Côte d’Azur ; se blottir ensuite sous la couette soyeuse ; regarder un film télévisé et ensuite s’endormir dans mes bras. Ce voyage en 1986, en fait, était une sorte de pèlerinage.  En effet, quelques mois auparavant, l’oncologue, la Dre Henri de l’Institut Bordet lui avait diagnostiqué un début de septicémie avec le risque que cela tournât en leucémie et delà, une fin dans les deux à trois ans.  Mais, ajouta-t-elle tout de même : « à moins d’éliminer la cause ». 

Dès lors, « éliminer la cause » fut pour moi ma seule préoccupation...Je me mis à absorber comme une éponge tout ce qui me semblait à la pointe médicale... pour en arriver, après plus d’un an d’investigation, à tirer mes propres conclusions : notre façon de nous nourrir habituellement semblait être un des agents des plus perturbateurs du bon équilibre de la santé. Aussi voulant montrer l’exemple, fort de mes démarches dans les milieux scientifiques traitant la question alimentaire, mais aussi à l’écoute de témoignages paramédicaux (de l’avis d’un éminent docteur-écrivain  (dont j’ai oublié le nom, mais pas son conseil) : « La santé est trop précieuse pour la confier qu’aux seuls médecins », je me suis discipliné à ne quasi plus cuire mes aliments, évitant les produits carnés et supprimer les boissons alcoolisées.  Le plus naturellement possible était mon leitmotiv (d’où ma chanson « Un Homme, c’est naturellement bon »)

 ...Et je me portais d’autant mieux.  En moins de deux mois, sans l’avoir voulu, je fondis de plus de quinze kilos.  C’est aussi alors que je repris ma guitare oubliée depuis près de vingt ans, suite à mon mariage en 1967.  Ingrat que j’étais.  Elle m’avait pourtant permis de prolonger mes vacances d’étudiant au début des années 60, à mes vingt ans, quand sur les terrasses de la Côte d’Azur, je chantais Brel, Aznavour et Brassens, etc. 

 Alors que c’était pour la mère de mes enfants que je m’étais imposé cette façon de vivre, elle n’en démordait pas et continuait à se nourrir comme à son habitude. Plutôt, elle s’inquiétait de son mari dirigeant des restaurants.  Allait-il, suite à sa nouvelle philosophie, métamorphoser sa politique commerciale, croyant naïvement pouvoir toujours attirer les consommateurs par cette nouvelle approche ?  Effectivement, rien n’était moins sûr. Nous avions quand même près d’une centaine de salariés et des engagements financiers assez important pour la dizaine d’enseignes que nous exploitions.  Pour éviter d’être un imprécateur inconsciemment, et peut-être risquer la faillite de nos affaires, je décidai de démissionner. Avant les années 90, cela aurait été utopique de croire à une clientèle végane en suffisance pour assurer le chiffre d’affaires.

 

Cependant, « La Vie devant soi », titre évocateur par excellence devint l’enjeu d’un pari.  Ma dulcinée croyait dur comme fer qu’il s’agissait du parcours autobiographique de Martin Gray, ce Juif polonais qui avait échappé au ghetto de Varsovie, le seul survivant de sa famille massacrée par les nazis...Mais aussi, au comble de son malheur, qu’il perdit sa femme et ses quatre enfants dans l’incendie du Tanneron (Estérel) en octobre 70...  Son récit « Au nom de tous les miens », aidé par Max Gallo, l’empêcha peut-être de se suicider.    Quant à bibi, l’ayant lu quelques jours auparavant en dernière pages du journal le Soir, avant notre départ pour le Midi, je savais pertinemment bien que le film « La Vie devant soi », provenait de la plume du lauréat du prix Goncourt, Romain Gary pour « Les racines du ciel » (également porté à l’écran en 1958 avec Errol Flynn et Juliette Greco).  

-         Ma chérie, lui proposai-je, ayant pris pour ma part depuis quelques temps l’habitude d’une alimentation non cuite, sans artifice culinaire et cela pour l’aider à combattre cette menace de leucémie. En tout cas, ce traitement, le temps de voir alors, si sa santé avait des chances de s’améliorer.

Le perdant du pari devrait jouer le jeu de l’autre quant à sa façon de se nourrir.

-         - D’accord, me dit-elle.

-         Tu es bien sûre ?

-         En fait, elle était tellement convaincue  que j’allais perdre et remanger comme auparavant; et que tout rentrerait dans l’ordre.  

Une heure plus tard, nous voilà à Monaco dans une suite de l’hôtel du Louws (qui ne semble plus s’appeler ainsi à ce jour).  Quelques revues touristiques gisent sur la table du salon, avec bien en évidence ce film de la semaine « La Vie devant soi ».  Hélène déchante en découvrant le nom de Romain Gary... Pas un mot ne sortira de sa bouche qui s’allongeât d’un coup...Et je sus alors qu’elle n’accepterait pas de me suivre.  Moi aussi, je ne dirai rien ; me tournerai vers la fenêtre, observant des goélands et des pigeons assoupis sur le toit d’en face, avec la sensation soudaine d’une chape lourde sur notre couple.

Ce ne sera pas moi qu’elle suivra, mais Michel, son nouveau thérapeute, recommandé par l’oncologue de Bordet.

Bah, un médecin amoureux, c’est peut-être encore ce qu’il avait de mieux !   Des plus ou moins les mille jours prévus de sa finitude, elle se remariera avec le bon docteur pendant trente-trois ans de plus, jusqu’en septembre 2016. Paix à son âme! 

      Quant à moi   avec ma guitare comme compagne sur mon bateau: le Départ 


Cliquez ici pour écouter Départ

arrangements: Alan Booth




Départ


Bien sûr qu’il y a des liens très fort  
Qui tiennent l’esprit et le corps
On ne sait pas toujours pourquoi  
Mais parfois on quitte tout ça
Couplet 1 :
Écoutez-moi frères et amis 
Je viens vous dire que je m’en vais
Comme l’hirondelle vers le Midi 
L'en empêcher elle en mourrait
Pardon ma mère, pardon mon père 
Mais vous savez bien mieux que moi
Même si les hommes sont solidaires
Chacun doit suivre sa propre voie
Refrain
Suis-je un de ces fils du vent  
Nomade d’instinct guitare au flanc
À la manière des troubadours 
Par mes chansons je vis d’amour
Couplet 2 :
Et toi ma femme qui ne veux suivre  
Ta destinée n’est pas le vent
Je partirai seul sans rien dire 
Laissant la place chaude à l’amant
Je vous laisserai mon peu de fortune  
Pour mes paroles et mélodies
Les braves gens me donneront la tune
C’est ma façon de gagner ma vie
Refrain 2
Couplet 3 :
Les sédentaires gardiens de frontières 
Je ne m’en vais pas pour faire la guerre
Mais regardez comment se meurt 
La Terre entière face à vos murs
Bien sûr qu’il y a des liens très fort  
Qui tiennent l’esprit et le corps
On ne sait pas toujours pourquoi
Mais parfois on quitte tout ça

Ma foi… ma voie !



mardi 2 juillet 2024

 

Merci mes amis hongkongais

 

Pourquoi ?

Parce que curieusement, j’ai pu constater que « mesparaboles.blogspot.be » sont suivies à raison de dix fois plus de lecteurs et auditeurs que dans le reste du monde, Belgique et France comprises où je réside...J’avoue ne pas comprendre.  Ce n’est pas tout de même du fait de mon passage à Hong Kong fin des années 80, lors de mes démarches en vue de lancer la fabrication de ma « montre-phosomètre » * (ce qui n’avait pas suscité un intérêt particulier) ...et qui aurait, par quel miracle, laissé une trace indélébile de mon séjour... ???  Y aurait-il plus de sympathisants pour la langue de Voltaire et les chansons françaises à Hong Kong que nous, ici en Europe, nous ne l'imaginions ?   En tout cas, vous m’en voyez ravi ; et cela m’encourage à toujours penser qu’il y a sur la planète, jusqu’en en Extrême-Orient, des citoyens attentifs au moindre éveil.  Merci de me laisser croire encore et toujours en « l’Homme naturellement bon »

 

·        *Oui, c’est en 1987, au seuil des cinq milliards d’Humains atteint, que j’avais aussi composé :

 

·        « Un Homme, c’est naturellement bon »

« Un Homme,  c’est naturellement bon ! »
*Le problème, c’est qu’à deux, il est déjà différent !
(avec la guitare et les arrangements de Francis Goya)


Un homme c’est naturellement bon
Deux hommes c’est déjà différent
À trois commencent les chuchotements
Quatre hommes peuvent devenir inquiétants
Pourtant un homme c’est naturellement bon
Un homme c’est naturellement bon

Deux hommes c’est déjà différent
À deux ils se prennent pour quelqu’un
Ici,  commence l’anonymat
Qui fait des autres des forçats
Pourtant un homme c’est naturellement bon
À deux,  c’est déjà différent

À trois commencent les chuchotements
Majorités,  minorités,  vous voilà !
Malheur qui transgressera les lois
La force n’est pas dans l’isolement
Un homme seul n’a jamais raison
À trois commencent les chuchotements

Quatre hommes peuvent devenir inquiétants
Le droit exalte les passions
Éclate en combat de mille ans
Ces guerres abattent les sentiments
Ici on tue sans émotions
Des hommes naturellement bons

À cinq* en comptant par milliard
Cinq milliards d’hommes seuls dans le brouillard
Qui cherchent sans trop bien le savoir
La flamme qui redonnera l’espoir
Qu’un homme c’est naturellement bon
Un homme c’est naturellement bon


Mais quand les fléaux de la Terre
Surgissent comme des cris de colère
S’éveillent soudain des hommes nouveaux
Des hommes qui feront ce qu’il faut
Ils redeviennent tous solidaires

Ensemble des hommes c’est beau ! 


* crée en 1987,  à cette époque nous étions cinq milliards à peupler la planète

jeudi 27 juin 2024

 

  Mais pourquoi rien ne change à Haïti...J'y croyais pourtant, quatorze ans auparavant...

Aux rares miraculés  échappés de ces ruines
Votre nouvelle vie  en vaut deux ou trois mille
Que viennent à vous ces âmes devenues orphelines
Qui vous donneront la force  de rebâtir la ville
Port-au-Prince…


Tremblement de terre à Port au Prince le 12 janvier 2010.
+ de deux cent mille victimes


Et me revient cette citation  que j'avais copié sur mon blog du 6 juin denier:

« Il faut savoir que les choses sont sans espoir,

Et être pourtant déterminés à les changer »

(Pensée de F.S Fitzgerald reprise par Philippe Collin dans son roman : « Le Barman du Ritz* ») 

*Frank Meyer

Un clic sur ce lien pour écouter cette chanson
Les guitares de Jérôme Munafo et les arrangements de Gérard Sabbe 





Port-au-Prince
12 janvier 2010
Intro guitare

La Terre  a tremblé vibrante de colère
Cités effondrées  des corps empierrés
L’action humanitaire  accourt du monde entier
Faut-il de tels séismes   pour lever les frontières ?
Refrain
À Port-au-Prince on pleure son trop plein de souffrance
La Terre ici  assume seule la faute
Tout juste veulent-ils mourir  rejoindre dans la tombe
Tous ces amis perdus où régnait tant d’enfance


Dans ce chaos sans bruit  on suit le chien ça change
Sauvera-t-il quelques vies avec un peu de chance
Entre morts et vivants ça diminue la peine
Ni prêtre ni fossoyeur on inhume soi-même

À Port-au-Prince on pleure son trop plein de souffrance
La Terre ici  assume seule la faute
Tout juste veulent-ils mourir  rejoindre dans la tombe
Tous ces amis perdus où régnait tant d’enfance

De ce tableau fatal  qui frappe les esprits
Entre le bien le mal quel est le juste prix
Après les chiens dociles  les loups reprennent la ville
Bien sûr  quelques familles  choisiront l’exil !

À Port-au-Prince on pleure son trop plein de souffrance
La Terre ici  assume seule la faute
Tout juste veulent-ils mourir  rejoindre dans la tombe
Tous ces amis perdus où régnait tant d’enfance

Epilogue :
Aux rares miraculés  échappés de ces ruines
Votre nouvelle vie  en vaut deux ou trois mille
Que viennent à vous ces âmes devenues orphelines
Qui vous donneront la force  de rebâtir la ville
Port-au-Prince…
Port-au-Prince…

dimanche 23 juin 2024

Un dimanche après-midi,  ce 23 juin 2024

Dame Nature vient de me rappeler à l'ordre, grâce à une guêpe moribonde sur le parquet de l'appart à Waterloo où je ne coule plus qu'une existence assez terne... Sans doute, elle ne trouvait plus la sortie par la fenêtre entrebâillée et gisait presque éteinte.  Je lui tendis mon doigt secourable et, chance, elle s'y agrippa sans hésitation..  Elle restera quelques secondes sur ma main en pleine lumière à l'extérieur;  et prendra brusquement son envol.  Ce petit événement d'appel à la vie, me replonge d'un coup dans mon passé...

Enfin, une journée bien ensoleillée ...Et je devrais en profiter pour une promenade hors de ma chambre que je ne quitte quasiment plus jamais, sauf pour les achats ménagers...Parfois, pris de conscience pour la planète, j’évite de sauter dans ma voiture pour parcourir les quelques centaines de mètres qui me séparent de mon lieu d’approvisionnement... et ce sont  les rares fois où je m’expose à la lumière du jour.  En bref, l’esprit qui m’anime (ou plutôt me paralyse suite à ma   finitude de vie ; bien que je ne me sentisse pas encore un vieillard grabataire), ne correspond plus du tout à celui du quadragénaire dans la force de l’âge, comme on dit...que je méditais alors avec ce sentiment d’agir au mieux pour le bonheur de tous, moi y compris - « Cela va de soi », comme le chantait Georges Brassens.  À l’instar du grand poète qui repose à Sète, face à la mer, ma fidèle guitare répondait à toutes mes attentes face aux scénarii du   monde qui défilaient sous mes yeux à l’époque.


PR :

Fiat lux

(Que la lumière soit)

Baie de St Jean Cap Ferrat, par un bel après-midi de septembre 86,

À bord du Coloba, au mouillage à un quart de mil des pins parasols.

« La Vie devant soi », roman de Romain Gary, serait peut-être bien ici,

L’amorce qui donna un sens que j’appellerai trente ans plus tard : « Mes paraboles ».

 Mon épouse Hélène est occupée dans la cuisine. Sur le bateau, pas de bonne comme à la maison.  Rien que nous deux, sans la turpitude des vacances d’été avec les enfants et les invités enthousiastes pour ces mini croisières entre la Corse et la Ligure.   Surtout la Ligure où les mômes sont rois. Sur la Côte d’Azur, ces petits bouts en croissance qui gesticulent dans tous les sens et débordent d’énergie, semblent moins appréciés par les seniors somnolents allongés sur les galets aux alentours de Nice.  Sur les plages italiennes, ça carillonne de rires juvéniles, Oui, sans pour cela être à l’âge de la retraite - et je plaide coupable –, j’avoue aspirer aussi au calme.  Propice à la rêverie par le bercement du yacht sur « la mer de Charles Trenet », mon regard flou remarqua soudain dans un petit brûle parfum, près d’un des hublots, une petite abeille qui semblait en mauvaise posture.  Sans doute cette clandestine fut attirée par les senteurs florales de cet objet, lorsque nous étions à quai quelques heures auparavant. Il ne faut pas être entomologiste pour deviner que la petite ouvrière à moitié groggy n’aurait jamais pu rejoindre la côte.  D’un coup, je sortis de ma torpeur et lui tendis mon doigt.  D’instinct savait-elle que cet humain ne lui ferait aucun mal, que c’était une question de survie ?  En tout cas, elle s’y agrippa, même le temps de la manœuvre pour descendre le zodiac à l’eau suspendu aux bossoirs à l’arrière, et durant le parcours pour rejoindre la berge.  Elle s’envolera à quelques brasses du rivage ; mais aussi sans doute grâce au soleil et ses précieux rayons UV qui lui bousteront sa vitalité. Les faux arômes de cet artifice de salon sans pollen, avaient certainement déboussolé et épuisé l’insecte presque moribond.   C’est vrai qu’entre la cabine ombragée du navire et l’annexe exposée à la pleine lumière de l’après-midi dans laquelle nous avions pris place pour rejoindre la côte, il n’y a pas photo ... De cette observation jaillira l’idée du « Phosomètre », médaille de bronze au 19ième Salon des Inventions et Techniques nouvelles de Genève en 1991. Montre bracelet ou pendentif pour conscientiser la personne qui le porterait, à se rendre compte de son besoin de rayons UV (ou de s’en méfier si excès) ... 

Plus tard, au cœur  de la ville de Namur, capitale de la Wallonie, en train de croquer un sandwich, assis dans ma voiture, portière ouverte, les pieds nus en dehors,   celle-ci garée sur la place qui jouxte l’évêché – je venais de présenter ma chanson  « le Curé du village »* à l’abbé secrétaire de Monseigneur Léonard – quand je fus surpris par une abeille qui s’était posée sur l'un de mes  orteils ...que delà m’est venu cette chanson : 

                                                                      



Et finalement, en short et chemise ouverte, je suis parti me promener en plein soleil, faire le tour du quartier.

Merci petite guêpe 

mardi 18 juin 2024

 Nations - Conflits -  Climat - économie, etc... 

Et si on revenait un peu vers nous, nous les couples...

Petite dérive poétique:


Le paroxysme de la foi, croire en soi selon Albert Camus...Cependant, à mon humble avis, lorsque le regard de l'Autre se détourne de toi, les doutes reviennent au grand galop.  Petit repli sur soi-même pour se donner du courage.  Pour moi, c'est en chanson...


Cliquez ici pour écouter le chanson


arrangement musical Jean-Marie Dorval


À cet instant-là

Quand celle que t’aimes tant
Se métamorphose en juge
Pour condamner toi l’amant
Ton acte comme un outrage

Quand l’aube ne sait plus
Réveiller des corps nus
Que des souvenirs
Ne restent que les pires

Les quelques rares diners
Se passent entre amis
Mais chacun de son côté
Pour garder l’appétit
Quand s’estompe la foi
Que l’amour devient croix
Que soudain tout s’arrête
Conscient de la défaite

Alors c’est cet instant
Qu’a choisi ton âme
De sortir du néant
Même aux travers des flammes
Oui c’est cet instant
Que ta mauvaise fortune
Change comme l’océan
Soumis à la lune

Quand celle que t’aimes tant
T’a  rendu jaloux
Que plus rien ne tient
À part quelques sous
Quand le rêve disparaît
Que plus rien ne t’accroche
Qu’aux yeux de ta proche
Tu te sentes laid

C’est alors cet instant
Qu’a choisi l’ouragan
De laver avec force
Ta vieille écorce
Et à cet instant-là
Si t’acceptes ces lois
L’Amour reviendra
Fier comme un roi

Et tu sauras ce qui t’égara
Provoquant ta déveine
Était ce manque de foi
De ne plus croire en ta reine

De ne plus croire en toi