vendredi 30 octobre 2020


De la pandémie aux plus radicaux:

Pardonnez ma faiblesse de croire que suite à ces quelques fous dangereux qui circulent et finissent par passer à l'acte meurtrier, que leurs victimes passeront à la postérité  - ce que ces derniers n'auraient pas spécialement atteint autrement - ; que les nouvelles mesures  de Confinement, prises par les États, deviennent socialement, économiquement  et humainement insupportables, je me rappelle  cette pensée du Sénateur J.W. Fulbright,   reprise par l'écrivaine Han Suyin, dans l'un de ses romans dont j'ai oublié le titre (lecture qui remonte à plus de quarante ans).

"Quand nos perceptions n'arrivent plus à tenir pied aux événements; quand nous refusons de croire une chose  parce qu'elle nous déplaît, nous effraye ou nous choque par sa seule nouveauté, alors l'écart entre le fait et la perception devient abîme...Et l'action devient inadaptée et irrationnelle."

Oui, et nous le savons pourtant depuis quelques décennies, le cerveau humain, cette machine merveilleuse du raisonnement, nous transmet le tri de la réalité qu'il veut bien nous laisser et parfois la transformer; car il raisonne et ne perçoit pas.  Nos cinq sens sont à son service, mais, c'est lui qui décide de leurs informations.  Hélas, les passions et préjugés prennent très souvent le dessus!  De la simple connerie dont l'observateur rira de l'acteur, si celui-ci lui paraît  inférieur ou égal sur le plan de l'échelle sociale et, en général, parce que son acte   ne portera pas à conséquence - (surtout que les rires dont il serait  sujet ou le simple mur ou impasse qu'il rencontrerait lui empêcheront de persévérer dans ce qu'il croyait bien) - ou, au contraire, cet acteur...Dieu seul sait par quel caprice  de cette Humanité évoluée ou  démente, serait nanti d'un pouvoir suprême, en fait, il n'y a pas une grande différence;  sauf que dans ce dernier cas, l'irréparable provoquera des pleurs, des tragédies qui s'imprimeront dans notre mémoire collective.  Ensuite, on essayera de comprendre pour tirer nos conclusions, et on écrira l'Histoire. 

De leurs actions, monstres ou tyrans,  rien n'est vraiment génial. Le génie c'est tout autre chose: c'est celui qui place ses cinq sens en éveil au-dessus  de sa propre pensée et celle des autres (Épicure l'avait dit avant moi 😂 dans son Jardin où le bonheur et l'amitié allaient de paire).  Oui, le génie fait vraiment avancer ses congénères Sapiens par des actions adaptées et rationnelles...Mais jamais au détriment de la Vie!

Le conflit, d'où naît la Vie, on en parle moins, puisque c'est naturel et ne choque pas.  Cependant, l'autre, le plus meurtrier, serait-il un mal nécessaire? 

Pour la Grande Histoire, Israël, en tant qu'État moderne, ne s'est-il pas formé d'autant plus vite qu'il y eut la Shoas? 

".../...De ces ghettos, sûrs d'une mission, des fils nouveaux firent une Nation.../..."

Deux vers tirés de ma chanson "Halabjã", en hommage aux habitants de cette ville en Irak, près de la frontière iranienne, peuplée de Kurdes qui, en mars 1988, furent tous massacrés par l'armée irakienne sous l'ordre de Sadam Hussein par l'envoie de bombes à gaz moutarde. 




Halabjã

Avec la précieuse collaboration  de Francis Goya pour les arrangements

cliquer ici pour écouter cette chanson


Halabjã, Halabjã !
Entends-tu l’ami ce cri de là-bas ?
De l’au-delà, cinq mille voix
Qui crient très fort : arrêtez ça
Combien de morts faut-il encore
Pour arrêter cette violence ?
Combien de morts faut-il encore
Pour arrêter ces expériences ?

Halabjã, Halabjã
Entends-tu l’ami ce cri de là-bas ?
Mais toi cet autre qu’as-tu fait là ?
Ce que tu tues, c’est toi qui meurs
Mais toi cet autre qui crois sans voir
Replonge-toi dans ta mémoire
Revois l’Histoire, y a pas d’erreur
Il y a bien eu Hiroshima

Halabjã, Halabjã
Entends-tu l’ami ce cri de là-bas ?
Mais toi cet autre te souviens-tu
De ces « Hitler » brûlant la terre
Les survivants qui en restèrent
Plus forts encore, les dominèrent
De ces ghettos, sûrs d’une mission
Des fils nouveaux firent une nation

Halabjã, Halabjã
Entends-tu l’ami ce cri de là-bas ?
Mais toi cet autre qui joues Staline
Te souviens-tu de ce Katine
Combien de bourreaux a-t-il fallu
Pour tirer dans dix-mille nuques
Combien de temps a-t-il fallu
Pour rappeler ces disparus ?


Halabjã, Halabjã
Entends-tu l’ami ce cri de là-bas ?

Ô Halabjã relève toi
De tes souffrances pas de passion
Du génocide pas de vengeance
Montre à ces monstres l'indifférence 
De l'au-delà des millions de voix
Qui crient très fort
Arrêtez-ça 

 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire