mardi 19 février 2019


Comme toute médaille a son revers

Normalement, grâce à la médaille de bronze qui permit des rencontres intéressantes pendant cette foire internationale -  entre autres le directeur de Texas Instrument à Biot qui me proposa de lui rendre visite à Sofia-Antipolis - , ce Phosomètre semblait promu à un avenir prometteur.   

Pour reprendre fidèlement l’esprit du titre de cet ouvrage, j’avais tout faux.
 En effet, naïvement, j’avais cru que mon rôle d’inventeur (ou géniteur), se cantonnait uniquement à ce Salon avec, en prime, l’interview de France Info et que la suite devait se concrétiser, pour la partie commerciale, par Hélène (très femme d’affaires, qui avait repris du poil de la bête avec son médecin à domicile et de surcroît, je lui avais donné toutes les actions de mes anciennes sociétés et disposait donc de ressources suffisantes) et, pour la partie scientifique et technique, par le bon Dr. Michel. 
 Je leur remis la mallette dans laquelle étaient glissés, en plus du diplôme « Médaille de bronze",  mes notes avec les coordonnées des différents contacts (Industriels,  fabricants de montre, etc.),  ne pouvant résister à l’appel du Large et de la chanson.    Hélas !,   j’ai pu constater lors d’un retour de mes îles lointaines que ce porte-documents gisait toujours au même endroit, couvert de poussières près de la cheminée,  où je l’avais déposé deux ans auparavant.  Que pouvais-je dire ?   J’étais devenu minoritaire dans ce partenariat de trois.  Le toubib s’était lancé dans la recherche sur le Sida.  Ce Phosomètre était le moindre de ses soucis. Homme maladivement jaloux, j’ai la faiblesse de croire qu’il pouvait penser que cette invention risquait de redorer mon blason aux yeux d’Hélène, en cas de réussite.
 Pour rappel,  elle n'avait pas adhéré du tout à mes visions quant à la question d'orienter nos restos de cuisines  françaises et belges par des formules basées sur le végétarisme et du cru.  Inconsciemment,  je risquai de devenir l'imprécateur de mes entreprises, et par sagesse  je démissionnai.  Par contre,    j'avais tenté l'expérience à Paris en 1988 sous l'enseigne "Pacific Fruit|&Music" avec comme maxime:


 " Manger du fruit c'est génial! 
 L'aliment originel contribue à la symbiose de l'Homme et la Nature;
 Régente de l'action positive" 

Malheureusement,    dépendant du bon vouloir de celle à qui j'avais tout donné, en moins d'un an,  il m'a fallu déposer le bilan. 

Oui,  naïvement, je lui avais annoncé qu'une certaine Rosy était entrée dans ma nouvelle vie.  Sosie d'Élisabeth Taylor,  cela ne l'avait pas empêcher d'être sociologue et conseillère de Madame Mitterrand,  première dame de France.  La réponse d'Hélène au téléphone fut sans équivoque :
"- Alors débrouille-toi avec ta Rosy!"...
et les fonds nécessaires pour amener mon projet  à  terme furent instantanément supprimés. 

Mes ancien restos également commencèrent à vaciller et là non plus je n’avais plus le droit à la parole.   
Impossible d’ouvrir les yeux de mon ex-épouse pour qu’elle comprenne le danger d’être trop à l’écoute de son nouveau compagnon qui n’avait aucun feeling pour la restauration - même traditionnelle -… Alors, elle sortait ses griffes.  Les manipulateurs savent comment garder leurs proies … – car on est bien d’accord, il s’agit bien d’un abus de faiblesse, de l’emprise d’un médecin sur sa patiente qui lui soufflait de temps en temps : «  - Je sais que tu aimes encore Georges,  mais n’oublie pas qu’avec lui tu risques de mourir !!!»

Mais au fond, il avait peut-être raison le thérapeute vu qu’Hélène vivra trente ans de plus que les trois ans qu’annonçait l’oncologue de Bordet, lorsque nous étions ensemble ! 

 -  Moi aussi, je fus victime de ce genre d’envoûtement : celle d’un marin qui, c’est le cas de le dire, me mènera en bateau jusqu’à la destruction du navire.    Finalement, quasiment ruiné, j’irai   chanter avec la guitare sur les terrasses de la Côte d’Azur; ce n'était pas nouveau: vers mes vingt ans,  en été,  je m'y étais déjà exercé,  avec un certain succès.  D'ailleurs,  la chanson le « Paumé  aventurier » qui suit, est une véritable confession ... j’avais bien oublié mes bottes Santiag en quittant Paris en 1989.

 « /…J’ai quitté Paris oubliant mes souliers
J’ai très vite compris que je suis un paumé… / ...


…/… mon air de paumé
Ont dû s’apercevoir par des anciens bagnards*
Je me suis bien fait avoir par ces aventuriers…/… »


*Oui, Jean-Louis Buclain …Et fier d’en être!


Le paumé






Le Paumé aventurier  


Trompette et clarinette : Willy Vandewael
Piano : Rudy Meynaert
Guitare:  Roland Kert
Drums:  Bob Darch
Arrangements et Basse:  Alan Booth

Je suis un paumé, j’ai quitté Paris,
Et je suis parti oubliant mes souliers
J’ai très vite compris que je suis un paumé…un paumé

Car figurez-vous que mes pieds trop mous
N’ont pas résisté au premier petit trou
Je suis un paumé, pas un aventurier.
  Moi l’aventurier!

Je suis un paumé, pas un aventurier
On me l’avait bien dit
De ne pas quitter Paris

Et moi le bourgeois, d’un timide pas
J’ai emmené ma croix sur le dos de ma foi
En cherchant le bonheur,
J’étais tout en sueur. 
 Moi l’aventurier!

J’allais bien me nourrir de ciel et d’amour ; 
Oubliant l’estomac,  plus de problème de foie.
Mais au premier Carrefour,
  Je craquai pour des p’tits fours.
Moi l’aventurier !

Je suis un gourmand, pas un aventurier
On me l’avait bien dit 
  De ne pas quitter Paris

De belles phrases à l’envers,  me prenant pour Voltaire
Et c’est en globe-trotters que je fis le tour de la terre
Je n’ai pas eu très peur :
La « Diners » près du cœur.
Moi l’aventurier! 

J’ai voulu faire du stop,  mais pour lever la main
Il y avait tout qui se bloque.  J’ai pris le premier train,
Aidé par un porteur.  
J’avais comme des raideurs.
Moi l’aventurier!

Je suis trop bloqué pour être aventurier
On me l’avait bien dit
De ne pas quitter Paris

Prônant la Vérité, rejetant la Société, 
Mais c’est mon contrôleur qui me faisait très peur.
Et pour fuir les impôts,
J’étais Marco Polo.
Moi l’aventurier!

Mon peu d’argent au « noir », et mon air de paumé
Ont dû s’apercevoir par des anciens bagnards
Je me suis bien fait avoir par ces aventuriers.
Moi l’aventurier !

Je suis un fauché, pas un aventurier.
On me l’avait bien dit
De ne pas quitter Paris.

Et quand enfin plus rien, n’ayant plus de moyens, 
Que j’ai dû chercher simplement à manger,
Il a fallu que j’aille chercher du travail.  Aïe aïe aïe!

Et soudain mon cerveau a repris sa fonction.
Je n’ai plus eu besoin de tous ces grands malins.
Pour mener ma vie d’homme, il ne fallait que moi,
Sans d’autres personnes.  

La guitare ou banjo, la manche dans les bistrots
Et je rêve ici des filles à   Paris 
 Ici  aux Antilles  

  Moi l’aventurier.

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